Jugé pour crimes sous le nazisme

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John Demjanjuk est arrivé hier matin en fauteuil roulant à la cour d'assises de Munich.
John Demjanjuk est arrivé hier matin en fauteuil roulant à la cour d'assises de Munich. — O. LANG / DDP / AFP

C'est l'un des derniers grands procès de l'Holocauste. John Demjanjuk, 89 ans, est accusé d'être un des derniers grands criminels nazis encore en vie. Cet apatride d'origine ukrainienne est jugé depuis hier en Allemagne pour complicité dans le meurtre de 27 900 Juifs. Il risque la perpétuité si la cour d'assises de Munich (sud de l'Allemagne) décide qu'il a été garde en 1943 dans le camp d'extermination de Sobibor, aujourd'hui en Pologne. Numéro un sur la liste des criminels de guerre nazis du Centre Simon Wiesenthal, Demjanjuk a été expulsé en mai des Etats-Unis où il s'était établi en 1952, à l'issue d'une longue bataille judiciaire notamment à cause de son mauvais état de santé.

Lors de son procès hier, Demjanjuk s'est présenté en grabataire devant les juges à Munich. Arrivé en chaise roulante dans la matinée, Demjanjuk est revenu en civière à la reprise dans l'après-midi. Mais un journaliste de l'AFP l'a vu plaisanté avec son avocat en fin de séance. Son défenseur, Ulrich Busch, a assuré au journaliste que son client était « très, très malade (...) Je ne pense pas que c'est du spectacle », a-t-il assuré. L'expert médical qui le suit a cependant minimisé la gravité de ses maux. Dès l'ouverture du procès, l'avocat du vieillard a récusé l'impartialité de la cour, reprochant à l'Allemagne de poursuivre un étranger alors que des SS allemands qui étaient à Sobibor ont été acquittés. « Comment se peut-il que ceux qui donnaient les ordres aient été innocentés? », a demandé Me Ulrich Busch. C'est apparemment la première fois que l'Allemagne juge un étranger pour crimes commis sous le nazisme. D'ici à demain soir, la cour prévoit d'entendre l'accusé et les parties civiles, survivants de Sobibor ou descendants de disparus. W