Les suisses s'inquiètent des réactions des pays musulmans

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Le minaret de la mosquée de Zurich.
Le minaret de la mosquée de Zurich. — F. COFFRINI / AFP

Un vote lourd de conséquences. Aux lendemains du vote massif pour interdire les minarets, les autorités s'inquiétaient, hier, de la poursuite de leurs relations commerciales et diplomatiques avec le monde musulman.

« Je crains effectivement que ce résultat ne soit pas sans conséquences pour nos exportations et la branche du tourisme. Ces dernières années, par exemple, le nombre de nuitées des visiteurs des pays du Golfe a augmenté de 15 % par an », a déclaré la ministre de la Justice et de la Police suisse, Eveline Widmer-Schlumpf, au journal Le Temps. Un constat que partage le politologue Pascal Sciariani, de l'université de Genève : « Il n'y aura pas forcément d'appel explicite des gouvernements de ces pays à boycotter la Suisse, mais il peut y avoir des réactions individuelles ou de l'élite appelant les musulmans à réduire leur fortune gérée en Suisse. »

L'imam de la mosquée de Genève, l'une des quatre seules en Suisse à être flanquée d'un minaret, a lancé hier un « appel au calme » : « Les musulmans du monde doivent respecter cette décision, sans pour autant l'accepter. Sinon, nous serons les premières victimes », a déclaré Youssef Ibram. La mosquée où il officie a été visée par des actes de vandalisme durant la campagne de votation. Le pays compte au total 400 000 musulmans, soit un peu plus de 5 % de la population. W