Le Honduras élit son nouveau président

ELECTIONS Cinq mois après le coup d'Etat pour remplacer Manuel Zelaya...

C. F. avec agence

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Au Honduras, les partisans du président déchu Manuel Zelaya manifestent à Tegucigalpa le 3 juillet 2009.
Au Honduras, les partisans du président déchu Manuel Zelaya manifestent à Tegucigalpa le 3 juillet 2009. — H.ROMERO/REUTERS

Un scrutin sous haute tension. Le Honduras élit ce dimanche un nouveau président pour remplacer Manuel Zelaya, renversé il y a cinq mois par un coup d'Etat. Les bureaux de vote seront ouverts de 14h à 23h et les premiers résultats seront connus à 2h.

La police et l'armée ont déployé 30.000 hommes pour sécuriser cette élection, qui divise et tient en haleine l'Amérique latine. Environ 4,6 Honduriens sont appelés à voter à la présidentielle, qui se déroule en même temps que des législatives et municipales, avec le soutien de deux acteurs clefs pour ce petit pays pauvre d'Amérique centrale: les Etats-Unis, partenaire historique, et le président du Costa Rica Oscar Arias, ex-médiateur dans la crise. L'élection se déroule toutefois sans observateurs de l'ONU ou de l'Organisation des Etats américains.

Une solution à la crise?

Depuis le coup d'Etat du 28 juin, une trentaine d'attaques à l'explosif ont visé des institutions et médias pro ou anticoup, causant des dégâts matériels mineurs mais alimentant un climat de suspicion générale.

Le gouvernement putschiste et les candidats, dont le favori Porfirio Lobo (droite), vaincu en 2005 par Manuel Zelaya, pensent que le scrutin est la solution à la crise du pays, aujourd'hui au bord de la faillite économique après le gel de millions de dollars d'aide internationale, et sans chef d'Etat.

Boycott «pacifique» du scrutin

Le président putschiste Roberto Micheletti, qui a remplacé Manuel Zelaya, s'est retiré temporairement du pouvoir, espérant donner une légitimité au scrutin. Le président déchu, lui, est réfugié à l'ambassade du Brésil à Tegucigalpa, assiégé par l'armée.

Le scrutin est contesté par Manuel Zelaya et le Front national de Résistance - composé de syndicats, d'organisations sociales et de gauche - qui ont appelé au boycott «pacifique» des bureaux de vote, pour ne pas légitimer le coup d'Etat. Le Venezuela, le Brésil ou l'Argentine ont quant à eux fait savoir qu'ils ne reconnaîtraient pas l'élection, la jugeant «illégale».