Le rôle de la Grande-Bretagne en Irak se dévoile

DIPLOMATIE Une commission d'enquête va éclaircir le rôle de Tony Blair...

Avec agence

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La crise parlementaire a retardé lundi le vote d'une résolution mandatant le gouvernement pour signer des accords permettant aux troupes étrangères non américaines, essentiellement les Britanniques, de rester en Irak après l'expiration du mandat de l'ONU le 31 décembre.
La crise parlementaire a retardé lundi le vote d'une résolution mandatant le gouvernement pour signer des accords permettant aux troupes étrangères non américaines, essentiellement les Britanniques, de rester en Irak après l'expiration du mandat de l'ONU le 31 décembre. — Essam -al-Sudani AFP

L'hostilité entre les commandements militaires américain et britannique en Irak était «profonde», affirme un rapport secret défense-britannique publié hier par le Daily Telegraph. Selon le patron des troupes britanniques en Irak, le général de division Andrew Stewart, « notre capacité à influencer la politique américaine en Irak est minimale ».

Ces déclarations proviennent d'interviews officielles menées par le ministère de la Défense auprès de commandants britanniques de retour de mission de mai 2003 à mai 2004. Elles sont rendues publiques alors que débutent aujourd'hui les premières audiences d'une enquête indépendante sur le rôle de la Grande-Bretagne en Irak, d'où se sont retirés les quelque 45 000 soldats britanniques en juillet avec un bilan de 179 morts.

Avant la guerre, le gouvernement britannique de Tony Blair, alors Premier ministre, affirmait que l'Irak de Saddam Hussein disposait d'armes de destruction massive. Cette menace, jamais avérée, avait contribué à justifier la participation de la Grande-Bretagne à l'invasion du pays en mars 2003, contre l'avis d'une majorité de la population et sans l'aval de l'ONU. Le temps fort de cette série d'audiences, qui doit s'achever en février, sera la déposition de Tony Blair. L'enquête fera revivre aux Britanniques une des pages les plus controversées de leur histoire récente, qui aura entraîné le départ de Blair en 2007. Aucune date n'a été arrêtée, mais lui et plusieurs de ses ministres seront convoqués début 2010.