Obama fait ami-ami avec Pékin

Armelle Le Goff

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Barack Obama s'est entretenu avec son homologue chinois, Hu Jintao, hier,à Pékin.
Barack Obama s'est entretenu avec son homologue chinois, Hu Jintao, hier,à Pékin. — E. DALZIEL / POOL / AFP

Surtout ne pas froisser Pékin. Si le président américain, en visite d'Etat de trois jours en Chine, a bien prôné hier à Shanghai la liberté d'expression, y compris sur Internet, il n'en a pas moins évité des sujets autrement plus polémiques comme le Tibet, le dalaï-lama ou le Xinjiang. « La Chine et les Etats-Unis n'ont pas à être des adversaires », a affirmé Barack Obama pour son premier discours délivré devant un parterre d'étudiants triés sur le volet, expliquant que seules de bonnes relations bilatérales sont susceptibles d'apporter « la prospérité et la paix dans le monde ».

Washington privilégie donc le pragmatisme vis-à-vis de Pékin. Il faut dire que la crise financière a permis à la Chine de se placer en position de force par rapport aux Etats-Unis : achat de bons du Trésor américain pour un montant de 800 milliards de dollars (533 milliards d'euros) et croissance soutenue malgré la mauvaise conjoncture économique. Pékin a en outre récemment manifesté ses capacités à répondre aux rebuffades commerciales des Etats-Unis. Après que ceux-ci eurent annoncé en septembre leur volonté de taxer des pneus chinois, la Chine a lancé le 6 novembre une enquête antidumping et antisubventions sur des importations de voitures américaines. Une mesure en forme d'avertissement, juste avant la visite d'Obama.

Mais ce n'est pas la seule raison qui explique l'attitude de l'administration américaine. Sur le plan diplomatique aussi, Pékin s'affirme comme un interlocuteur incontournable sur des dossiers majeurs, comme le nucléaire iranien et nord-coréen. Mais aussi sur le climat, à quelques jours de l'ouverture, le 5 décembre, du sommet de Copenhague. W