Un nouveau gouvernement hétéroclite

A Beyrouth, David Hury

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Depuis mardi, la composition du nouveau gouvernement libanais est sur toutes les lèvres, et le portrait de Saad Hariri, le Premier ministre désigné fin juin, sur tous les journaux avec le même « ouf ! » de soulagement. Le 7 juin dernier, la majorité sortante remportait des législatives très serrées. Quelques jours plus tard, le président libanais, Michel Sleimane, confiait au fils de Rafic Hariri, ex-Premier ministre assassiné, la tâche de former un gouvernement. Le bras de fer aura donc duré tout l'été, avant son épilogue le week-end dernier. « Franchement, nous vivons depuis des mois, des années même, sans gouvernement efficace. Qu'est-ce que ça va changer aujourd'hui ? », lâche Ali, fonctionnaire au ministère de la Culture.

« Ce gouvernement est à l'image du Liban actuel, a déclaré Hariri. Aux yeux de certains, c'est une image qui reflète les divisions confessionnelles et politiques. Mais il faudrait que nous prouvions au monde entier qu'aux yeux des Libanais, c'est l'image réaliste de la véritable entente nationale. » Conformément à l'accord de Doha de mai 2008, la majorité a nommé quinze ministres, l'opposition dix et le président cinq, le chef de l'Etat jouant le rôle d'arbitre. Hariri a surtout dû maintenir la cohésion de son propre camp, tout en prenant en compte les desiderata de Michel Aoun, pilier de l'opposition et allié du Hezbollah. Reste à faire fonctionner cet attelage hétéroclite, composé d'hommes et de femmes - il y en a deux - aux idéologies divergentes sur la définition même du Liban, sur l'économie, sur les libertés individuelles. Le tout dans un contexte régional tendu. L'automne s'annonce compliqué. W