Des cadres de Blackwater ont tenté de corrompre les autorités irakiennes

SECURITE La très controversée société souhaitait faire taire les critiques...

Avec agence

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L'ONU est scandalisée par les méthodes de recrutement de mercenaires de pays pauvres par des entreprises de sécurité occidentales qui n'hésitent pas à les envoyer dans des zones dangereuses comme l'Irak, où des centaines d'entre eux ont péri depuis l'intervention de 2003.
L'ONU est scandalisée par les méthodes de recrutement de mercenaires de pays pauvres par des entreprises de sécurité occidentales qui n'hésitent pas à les envoyer dans des zones dangereuses comme l'Irak, où des centaines d'entre eux ont péri depuis l'intervention de 2003. — Yuri Cortez AFP

Des cadres de la société de sécurité Blackwater ont autorisé le versement d'un million de dollars à des responsables irakiens pour qu'ils «taisent leurs critiques» après une fusillade meurtrière à Bagdad en 2007 impliquant ses agents, révèle mardi le New York Times.

Citant des entretiens avec quatre anciens cadres de la société américaine Blackwater non identifiés, le quotidien américain indique que le président de la société de sécurité privée à l'époque, Gary Jackson, avait autorisé le pot-de-vin. L'argent a été envoyé de Jordanie au responsable de l'entreprise américaine à Bagdad, mais les cadres cités par le journal précisent qu'ils ne savent pas s'il a été finalement versé aux Irakiens.

Faire taire les critiques

Selon une des sources citées, les pots-de-vin devaient être versés à des responsables du ministère de l'Intérieur irakien, où les entreprises de sécurité sous-traitantes sont choisies, afin de mettre fin aux critiques et de bénéficier de leur soutien. Un porte-parole de Blackwater, a précisé que les allégations du New York Times étaient «sans fondement».

>> Notre décryptage sur le côté obscur des mercenaires de Blackwater est ici


Le département d'Etat américain a rompu ses liens avec la société de sécurité controversée suite à la fusillade impliquant plusieurs de ses agents, qui avait fait 17 morts le 16 septembre 2007 à Bagdad. Le groupe, basé en Caroline du Nord (sud-est) a changé de nom et s'est rebaptisé Xe, après avoir été interdit en janvier 2009 par le gouvernement irakien suite à cette fusillade.

La plus grande entreprise privée de sécurité utilisée par les Etats-Unis en Irak était devenue le symbole de l'entrée des sociétés privées dans les guerres au XXIe siècle. Ces agents étaient honnis des Irakiens qui leur reprochaient d'agir en tout impunité.