La Grande-Bretagne fait tomber le tabou de la pédophilie féminine

SOCIETE Le phénomène n'est pourtant pas nouveau, mais il est rarement évoqué...

Julien Ménielle

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La police polonaise a annoncé mercredi avoir interpellé 61 personnes dans le cadre d'une vaste enquête sur la diffusion d'images à caractère pédophile sur internet, qui avait déjà conduit en septembre à 138 interpellations.
La police polonaise a annoncé mercredi avoir interpellé 61 personnes dans le cadre d'une vaste enquête sur la diffusion d'images à caractère pédophile sur internet, qui avait déjà conduit en septembre à 138 interpellations. — Jussi Nukari AFP/Archives

Le chiffre agite outre-Manche. Des statistiques relayées dans la presse ce lundi annoncent une augmentation de 132% des plaintes pour des agressions sexuelles commises par des femmes sur des enfants ces cinq dernières années. Elles sont publiées par le service d'assistance téléphonique ChildLine, qui révèle que sur la même période, les mêmes plaintes impliquant des hommes ont progressé de 27%.

Le rapport «a brisé les mythes sur la violence sexuelle»

Ces signalements auraient doublé en cinq ans. Une statistique qui émeut d'autant plus en Grande-Bretagne qu'elle intervient peu de temps après l'affaire Vanessa George, une employée de crèche impliquée dans un réseau de pédophilie. Esther Rantzen, président de la permanence téléphonique, affirme que le rapport de ChildLine «a brisé les mythes sur la violence sexuelle».

Des affirmations à pondérer, cependant, au regard des «fantasmes» anglais en la matière, a indiqué à 20minutes.fr le Dr Jacques Waynberg, président de l'Institut français de sexologie. Le médecin rappelle d'ailleurs qu'une loi britannique proposant de ficher systématiquement toute personne en relation régulière avec des enfants a récemment provoqué un tollé.

«Les langues se délient»

«Le phénomène existe, mais il n'est pas nouveau», ajoute Jacques Waynberg, qui prépare un dossier sur le sujet. Selon lui, l'augmentation du nombre de cas signalés en Grande-Bretagne tient plus au fait que «les langues se délient». Mais s'il s'agit de «ne pas passer d'un extrême à l'autre», il convient de ne pas nier un phénomène réel. «En la matière, cependant, on étudie plus une tendance que des chiffres», assure le spécialiste, pointant l'absence de réelles statistiques.

«Il n'y a pas d'un côté les hommes et de l'autre les femmes pédophiles, c'est une affaire de couple», explique le sexologue. En effet, selon lui, quand les femmes sont impliquées, «elles sont téléguidées par un conjoint, lui-même pédophile». Une description que reprend, dans son ouvrage sur les femmes criminelles(*), la psychologue criminologue et profiler Michèle Agrapart-Delmas.

Des femmes «immatures, vulnérables»

«Toutes ces femmes présentent des troubles de l'identité sexuelle», écrit-elle dans une sorte de portrait-robot de la femme pédophile. Cette dernière serait trentenaire, et fréquemment «sous la dépendance d'un conjoint». «Elle ferait "n'importe quoi pour lui"», note Michèle Agrapart-Delmas. Sans réelle maladie mentale, elle consommerait facilement des «psychotropes, antidépresseurs et tranquillisants» et aurait déjà tenté de mettre fin à ses jours.

Des femmes «à la personnalité mal structurée, au faible niveau scolaire, souvent immatures, vulnérables», décrit la profiler. Des femmes qui, quand elles arrivent devant un juge, évoquent souvent un viol dans l'enfance. «Il s'agit, dans la plupart des cas, d'une manipulation judiciaire», tranche-t-elle.

(*) Femmes fatales - Les criminelles approchées par un expert (Max Milo 2009)

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