Le G20 cale sur le financement de la lutte contre le réchauffement

CLIMAT Des belles promesses mais toujours pas d'engagement chiffré à un mois de la conférence de Copenhague...

Avec agence

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Les ministres des Finances du G20 réunis à St Andrews (Ecosse) samedi 7 novembre 2009.
Les ministres des Finances du G20 réunis à St Andrews (Ecosse) samedi 7 novembre 2009. — Andrew Winning / Reuters

Le G20-Finances a échoué samedi à faire des avancées concrètes sur le financement de la lutte contre le changement climatique, un enjeu crucial pour l'avenir de la planète, à un mois de la conférence de Copenhague.

Alors que cette conférence organisée sous l'égide de l'ONU se tiendra du 7 au 18 décembre dans la capitale danoise, le Royaume-Uni avait appelé les grands argentiers du G20, réunis vendredi et samedi en Ecosse, à trouver un terrain d'entente sur l'octroi de financements aux pays les plus pauvres, pour les aider à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Mais les grands argentiers du G20, au bout de négociations qualifiées de «difficiles» par plusieurs délégations, ont échoué à prendre des engagements précis en la matière, et se sont contenté dans leur communiqué final d'une promesse de «travailler en vue d'un accord ambitieux à Copenhague».

Aucun chiffre

«Nous avons (...) reconnu la nécessité d'augmenter de manière significative et de façon urgente l'importance et la capacité de connaître à l'avance l'étendue de ces financements, pour mettre en oeuvre un ambitieux accord international», ont ajouté les ministres, sans se risquer à avancer aucun chiffre.

L'Union européenne a chiffré à 100 milliards d'euros par an entre 2013 et 2020 le surcoût de cette «révolution verte» pour les pays en développement, une somme qui serait financée en partie par ces Etats, mais aussi par des aides publiques des pays développés, et par les marchés de quotas de CO2. Mais elle s'est pour l'instant bien gardée de s'engager sur sa propre contribution à ce fardeau.

Aucune légitimité

Selon diverses délégations, plusieurs membres du G20 ont considéré que cette enceinte n'était pas légitime pour trancher la question, et ont défendu le fait qu'elle devait être négociée plus largement, entre tous les participants à la conférence de Copenhague, en même temps que les objectifs de réduction des gaz à effet de serre, toujours objet de vifs débats.

Les modalités du financement sont également très débattues. Alors que la crise financière a vidé les coffres de nombreux Etats, certains sont partisans de dégager de nouvelles ressources, en imposant par exemple des contributions spécifiques à certaines industries polluantes, comme le transport aérien et maritime, ce que d'autres refusent d'emblée.

Les ONG se sont montrées très déçues, alors que le Royaume-Uni avait fait de ce sujet l'une des priorités du G20-Finances.

Le G20 «pas à la hauteur de sa propre rhétorique»

«Une fois de plus, le G20 a échoué à être à la hauteur de sa propre rhétorique», a lancé Max Lawson, un porte-parole d'Oxfam.

«Ce groupe peut déverser de l'argent aux banques qui font faillite, mais est incapable de trouver les sommes nécessaires pour résoudre le défi encore plus grand pour l'économie mondiale du réchauffement climatique», a regretté de son côté Richard Dixon, directeur de la branche écossaise du Fonds mondial pour la nature (WWF).

Cependant, plusieurs participants à la réunion ont tout de même fait montre d'optimisme, en se disant déterminés à continuer à négocier d'ici le début de la conférence.

«Ce fut une réunion très utile», a affirmé le ministre des Finances britanniques Alistair Darling, tandis que le commissaire européen aux affaires économiques, Joaquin Almunia, assurait que Saint Andrews avait au moins permis aux pays présents de «clarifier leurs différences».