Un président symbolique à l'épreuve du réel

ÉTATS-UNIS arack Obama a reçu les clés de la Maison Blanche il y a un an jour pour jour...

Armelle Le Goff

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Obama peine sur plusieurs réformes.
Obama peine sur plusieurs réformes. — SIPA USA / SIPA

Evidemment, sa prise de fonction a engendré quelques désillusions. Barack Obama, le premier président noir des Etats-Unis, a été élu il y a un an jour pour jour au terme d'une campagne épique. Rarement un candidat aura réussi à transformer le discours politique dominant comme l'a fait Obama, en adoptant le langage de l'espoir quand les Américains ne maniaient plus, depuis le 11 septembre 2001, que celui de la peur. Son entrée à la Maison Blanche, le 20 janvier 2009, a réuni des millions de curieux, littéralement subjugués par un homme qui n'hésite pas à donner à son histoire personnelle une portée universelle. Mais forcément, à l'épreuve du pouvoir, les mots ne suffisent plus. Et c'est sur ses actes que le Président des Etats-Unis se retrouve désormais jugé par des concitoyens impatients. Le point sur quatre dossiers qui pourraient faire basculer son mandat.

Assurance-maladie En mettant au point une réforme du système de santé dans leur coin, les Clinton s'étaient cassé les dents au Congrès. Obama a donc tenté de la jouer fine en invitant les parlementaires à mettre en musique la sécurité sociale qu'il souhaitait. Après des semaines de fronde des élus, «la tendance semble s'inverser au Congrès», observe Charlotte Lepri, chercheuse à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Obama pourrait donc obtenir une couverture santé pour les 46 millions d'Américains exclus du système. «Si c'est le cas, cela constituera indéniablement une victoire personnelle qui donnera une dimension très positive à son mandat», analyse Nicole Bacharan, spécialiste des Etats-Unis.

Climat C'était l'une de ses promesses de campagne: faire de l'environnement une priorité, contrairement à George W. Bush. Las, le Sénat renâcle à adopter un texte proposant une réduction des émissions de carbone de 20 % d'ici à 2020 par rapport à 2005. Résultat, Obama pourrait se rendre à Copenhague sans avancées concrètes à mettre en avant.

Afghanistan C'est sans doute là-dessus que se jouera son mandat en politique extérieure. D'ailleurs, comme le souligne Nicole Bacharan, «il prend beaucoup de temps pour se mettre aux commandes de cette guerre». Va-t-il envoyer les 45.000 soldats supplémentaires que lui réclame le général Stanley McChrystal, avec le risque d'un nouveau Vietnam? Pour l'instant, Obama reste sur sa réserve. Mais il va devoir tomber le masque dans peu de temps. Avec l'espoir que ses choix seront les bons.

Proche-Orient On l'imaginait faiseur de paix - au point de lui décerner le prix Nobel 2009 -, il se retrouve simple médiateur des négociations entre Israéliens et Palestiniens, avec, finalement une capacité de pression sur l'Etat hébreu beaucoup moins importante qu'escomptée: Washington semble en passe de renoncer à conditionner les pourparlers au «gel total» de la colonisation.