Jacques Chirac: Quand «le charmeur de Corrèze» fait la une de la presse étrangère

REVUE DE PRESSE Le sort judiciaire de l'ancien Président français passionne en Europe et ailleurs...

C. F.

— 

Jacques Chirac en juillet 2008
Jacques Chirac en juillet 2008 — REUTERS/ P. Wojazer

Le renvoi en correctionnelle de Jacques Chirac dans l'affaire des emplois fictifs de la Mairie de Paris rencontre un large écho dans la presse étrangère, pas forcément tendre avec l'ancien président français. Ironique, le Times estime ainsi que le charme reste la meilleure arme de Jacques Chirac, confronté à plusieurs scandales pendant ces deux septennats.

Idem pour le Spiegel, qui évoque «le charmeur amical de Corrèze, apprécié pour son penchant savoureux pour la bière, le vin et la charcuterie». Plus sérieusement, le quotidien allemand, qui titre sur «l'automne du patriarche», se demande si le fait qu'un président français soit renvoyé devant la justice, une première sous la Ve République, «sonne le glas de la culture politique du pays».

Louis XVI et Pétain

La Republicca va plus loin, qui compare ces évènements à des précédents peu glorieux de l'Histoire de France: «N'oubliez pas Louis XVI, jugé et guillotiné (en 1793) au cours de la Révolution française, et Philippe Pétain reconnu coupable et condamné à mort pour trahison en 1945», croit bon de rappeler le quotidien italien, qui souligne qu'après ces chapitres tragiques, aucun autre ex-président n'avait comparu devant un tribunal français.

Le Guardian se montre pessimiste pour l'ancien maire de Paris. Si la démarche du juge aboutit, «ce sera une chute spectaculaire pour un homme qui avait réussi ces dernières années a réussi à transformer son image publique de manipulateur politique cynique en grand-père génial de la nation», analyse le journal britannique.

Une histoire qui distrait les Québécois

El Pais note également que ce renvoi en correctionnel intervient à un moment où la cote de popularité de l'ancien président français culmine, ce dernier ayant fait profil bas depuis son départ, évitant les commentaires sur les questions politiques et se concentrant sur sa fondation caritative.

Au Québec, toute cette histoire distrait et apporte même un certain soulagement, indique le Globle and Mail. Alors que la campagne pour les élections municipales, qui ont eu lieu dimanche, a été émaillée de nombreux scandales, la comparaison avec la situation française fait relativiser les méfaits des politiques de Montréal, souligne le journal.