Abdullah se retire, Karzaï est seul en lice

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Un second tour le 7 novembre, mais un candidat unique, le président sortant Hamid Karzaï, est-ce bien sérieux ? Depuis qu'Abdullah Abdullah a annoncé hier qu'il ne participerait pas au scrutin, au motif qu'il n'avait obtenu aucune garantie que les fraudes du premier tour ne se répéteraient pas, tout le monde s'interroge. En premier lieu Karzaï, qui a déclaré, hier, « espérer » que l'élection se tiendrait. Pour la Commission électorale indépendante, le débat est tranché. « La loi stipule que si aucun candidat n'obtient 50 % plus une voix [au premier tour], il doit y avoir un second tour », a-t-elle affirmé hier. A l'issue du premier tour, le 20 août dernier, le président sortant et Abdullah étaient arrivés respectivement en première (49,67 % des voix) et deuxième position (30,59 %). Le retrait d'Abdullah ­- « pour sauvegarder l'unité nationale de l'Afghanistan », a déclaré, hier, le Premier ministre Gordon Brown - rend encore plus incertaine l'issue d'un processus électoral obtenu à l'arraché par la communauté internationale. Selon les observateurs, il pourrait hypothéquer la participation des Afghans à la consultation. Et, partant, poser des problèmes de légitimité à Karzaï. Voilà qui n'est pas pour rasséréner un pays aux prises avec les pires violences des talibans depuis leur départ de Kaboul en 2001. W