Tensions en perspective au sommet inter-malgache

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Marc Ravalomanana avait boycotté au dernier moment un sommet à Genève

le 17 octobre sur la crise malgache. « Par principe, il faut régler un problème africain en Afrique » et « le sommet de Genève n'était pas dans l'esprit des accords de Maputo, explique-t-il à 20 Minutes. Ma mouvance n'a jamais été d'accord pour y aller, contrairement à ce qu'a affirmé le représentant de l'ONU, Tiebilé Dramé, qui a dramatisé les choses à Madagascar ». Cette fois, le sommet aura donc lieu, de demain à jeudi, à Addis-Abeba, en Ethiopie. Objectif : poursuivre, sous médiation internationale, les délicates négociations entre les quatre mouvances malgaches sur la répartition des postes pendant la transition politique, avant la tenue d'une élection présidentielle, au plus tard à la fin 2010. Les discussions s'annoncent difficiles, car Ravalomanana réclame désormais le départ de son opposant, Andry Rajoelina, de la présidence de la Haute autorité de transition. Une condition dont la médiation internationale ne compte pas débattre, estimant que ce chapitre est clos depuis qu'un consensus a été annoncé le 6 octobre sur ce point.

Lâché par l'armée, Ravalomanana avait remis, le 17 mars, ses pouvoirs à un directoire militaire, qui les avait aussitôt transférés à Andry Rajoelina. Depuis, Ravalomanana vit en exil en Afrique du Sud, mais rêve d'un troisième mandat. A quelques jours du sommet, « le PDG de Madagascar », dont la fortune personnelle est estimée à plusieurs millions d'euros, s'est offert une opération de com pour « dire la vérité aux médias français ». Convaincu, selon un membre de son entourage, que « la France est derrière le putsch », le président déchu fait toutefois un appel du pied à Paris, « partenaire privilégié de Madagascar », pour qu'il vienne à son secours. « La France a condamné le coup d'Etat, c'est un bon début », estime-t-il. En espérant plus. W

à Johannesburg, F. V.