Le candidat à la présidentielle en Afghanistan, Abdullah Abdullah, lors d'un meeting à Kaboul le 27 Septembre 2009.
Le candidat à la présidentielle en Afghanistan, Abdullah Abdullah, lors d'un meeting à Kaboul le 27 Septembre 2009. — S. SABAWOON/EPA/SIPA

POLITIQUE

Présidentielle en Afghanistan: Abdullah Abdullah retire sa candidature

Hamid Karzaï reste seul en lice...

Abdullah Abdullah a annoncé dimanche qu'en raison des risques de fraude, il ne participerait pas au second tour de la présidentielle afghane l'opposant au président sortant Hamid Karzaï, replongeant le pays dans l'incertitude politique.

«Pour protester contre le mauvais comportement du gouvernement et de la Commission électorale indépendante (IEC), je ne participerai pas à l'élection» de samedi prochain (7 novembre), a déclaré Abdullah Abdullah lors d'un meeting à Kaboul.

«Le second tour serait encore pire que le premier»


Après les fraudes massives du premier tour (un quart des votes annulés), l'ancien ministre des Affaires étrangères réclamait le renvoi du chef de l'IEC, chargée de l'organisation du scrutin et considérée pro-Karzaï, ainsi que la suspension de trois ministres ayant fait campagne pour son adversaire. Il voulait aussi la garantie de la fermeture des bureaux de vote fantômes qui n'avaient pas ouvert le 20 août mais avaient expédié de pleines urnes de votes fictifs. L'IEC comme Hamid Karzaï avaient rejeté ces demandes.

Dans ces conditions, «le second tour serait encore pire que le premier», a estimé Abdullah Abdullah. «Je n'ai pas appelé au boycott», a-t-il néanmoins souligné, alors que son camp avait menacé de recourir à cette tactique.

Laissant à ses partisans le soin de choisir de voter ou non au second tour, l'ex-candidat les a appelés à «ne pas descendre dans la rue, ne pas faire de manifestations», alors que les craintes de réactions violentes sont fortes.

Côté Karzaï, on plaide toujours pour la poursuite du processus électoral. «Nous pensons que l'élection doit se tenir, le processus doit s'achever. Il faut donner au peuple d'Afghanistan le droit de voter», a déclaré Wahid Omar, porte-parole de campagne de M. Karzaï.

Incertitude politique

Selon des sources diplomatiques, l'éventualité du retrait d'un candidat du second tour n'est pas prévue dans la constitution, et ce serait donc à la cour suprême, considérée pro-Karzaï, de juger ce cas, prolongeant encore le suspens sur le résultat du scrutin.

Le retrait d'Abdullah lui évite une probable défaite contre Karzaï, de toute façon donné favori, jugent les observateurs. Au premier tour, le sortant avait rassemblé 49,67% des voix, contre 30,59% à Abdullah Abdullah. Au final, la décision de ce dernier plonge l'Afghanistan dans une totale incertitude politique, en pleine flambée des violences des talibans. Depuis que ces derniers ont été chassés du pouvoir fin 2001, 2009 est l'année la plus meurtrière à la fois pour les civils, les forces afghanes et les 100.000 soldats étrangers déployés dans le pays.