Pousse-toi de là que je me mette à la tête de l'union européenne

EUROPE La présidence de l’UE commence à attiser les ambitions...

Armelle Le Goff

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L'ancien Premier ministre britannique Tony Blair a longtempsété le favori.
L'ancien Premier ministre britannique Tony Blair a longtempsété le favori. — HALEY / SIPA

Ça y est, les candidats sortent du bois. Le traité de Lisbonne à peine remis sur les rails, puisque le président tchèque Vaclav Klaus semble enfin prêt à le parapher, les candidats au poste le plus prisé prévu par le nouveau texte se mettent en ordre de bataille. Le job: incarner une UE qui manque de figures identifiables.

Le plus connu, l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair, 56 ans, a longtemps été le favori. Ses partisans font valoir sa stature internationale. Mais depuis quelque temps, ses soutiens le lâchent. A commencer par le président français Nicolas Sarkozy, qui après avoir milité en sa faveur, vient de réaliser que «le fait que la Grande-Bretagne ne soit pas dans l'euro reste un problème» .

Manque d'aura

L'autre candidat, c'est Jean-Claude Juncker, Premier ministre luxembourgeois depuis 1995, qui s'est dit ce mardi dans une interview au Monde prêt à être appelé pour ce poste. «Une personnalité consensuelle, souligne Thierry Chopin, de la Fondation Robert Schumann, mais qui n'a pas le charisme de Tony Blair.» Jan Peter Balkenende, le Premier ministre néerlandais, pourrait constituer une alternative à ces deux candidats. Sauf qu'à l'inverse de Blair, il manque cruellement d'aura.

Autant de noms et de personnalités différentes pour un même poste, mais aucune femme! Margot Wallström, la vice-présidente de la Commission européenne, s'est chargée de le rappeler: «D'un point de vue démocratique, c'est incroyable que les femmes qui représentent 52,6% des Européens soient ignorées.»

Dépenses Le budget de la présidence française de l’UE, d’après Médiapart, s’est élevé à 171 millions d’euros pour six mois. Le sommet de Paris, organisé le 13 juillet 2008 pour lancer l’Union pour la Méditerranée, aura coûté 16,6 millions d’euros. Le prix d’une douche luxueuse pour Nicolas Sarkozy, au Grand Palais, lieu des débats, qui n’aurait jamais servi : 245 572 euros...