karadzic Absent du prétoire mais pas des débats

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Eviter à tout prix un scénario à la Milosevic. Le procès de l'ancien homme fort de Serbie aura duré quatre ans, s'enlisant pour finalement ne jamais aboutir, l'accusé s'etant donné la mort en 2006 avant d'être condamné. Ce souvenir pèse depuis le début des débats concernant Radovan Karadzic, ex-chef politique des Serbes de Bosnie. « En demandant un délai, puis en refusant de comparaître, Karadzic semblait tenter d'adopter la même stratégie que Milosevic », constate Pierre Hazan, auteur de Juger la guerre, juger l'histoire (éditions PUF).

Le juge coréen O-Gon Kwon a donc décidé de prendre le contre-pied. En choisissant de poursuivre l'audience en son absence au motif que Karadzic a « volontairement et sans équivoque » choisi de ne pas être présent, il fait le pari de l'obliger à comparaître. Dans le cas où l'accusé maintiendrait son boycott, un avocat pourrait lui être imposé. Mais cette solution aurait pour conséquence d'entraîner un report des débats de plusieurs mois afin que son défenseur puisse prendre connaissance du dossier. Le président a promis une décision lundi. Aujourd'hui âgé de 64 ans, Radovan Karadzic est accusé de deux génocides et du massacre de Srebrenica en juillet 1995, le plus sanglant commis en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Hier, l'accusation a entamé la présentation des charges qui pèsent sur Karadizc. « Ce procès est celui d'un homme qui a exploité les forces du nationalisme, de la haine et de la peur pour mettre en oeuvre sa vision d'une Bosnie ethniquement divisée », a commenté le procureur Alan Tieger. W A. Le G.