Mort de 10 soldats français en Afghanistan: l'Italie dément avoir payé les talibans

GUERRE Les militaires auraient été mal informés selon la presse britannique...

M. D. avec agence

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Des soldats français ont dû abandonner sur le terrain deux missiles antichar Milan lors de combats avec des insurgés afghans samedi à l'est de Kaboul, a indiqué jeudi l'état-major des armées à Paris.
Des soldats français ont dû abandonner sur le terrain deux missiles antichar Milan lors de combats avec des insurgés afghans samedi à l'est de Kaboul, a indiqué jeudi l'état-major des armées à Paris. — Joël Saget AFP
Les 10 soldats français tués dans une embuscade en Afghanistan près de Kaboul en 2008 avaient mal évalué le risque de leur mission. Une erreur d'appréciation due à un manque d'informations. Les Italiens ne les avaient pas avertis qu'ils payaient les talibans pour maintenir la région en paix, a indiqué The Times, ce jeudi.

Des informations qualifiées de «totalement infondées» par le gouvernement italien. «Le gouvernement Berlusconi n'a jamais autorisé ni consenti aucune forme de paiement d'argent aux membres de l'insurrection talibane en Afghanistan, et n'a pas connaissance d'initiatives de ce type du gouvernement précédent», indique-t-il dans un communiqué.

Interrogé par l'AFP, le porte-parole de l'état-major des armées à Paris, l'amiral Christophe Prazuck a quant à lui affirmé «ne disposer d'aucun élément permettant de confirmer les informations parues dans la presse britannique».

Les responsables étaient au courant

Selon le quotidien britannique, les services secrets italiens avaient versé des dizaines de milliers de dollars aux commandants talibans et aux seigneurs de guerre locaux pour maintenir en paix la région de Saroubi, dont les militaires italiens avaient la responsabilité avant d'être remplacés par les Français.

Les soldats français étaient déployés depuis à peine un mois quand 10 d'entre eux furent tués en août 2008 dans une des embuscades les plus meurtrières tendues par les insurgés contre des forces de pays membres de l'Otan. Selon The Times, les responsables militaires occidentaux étaient au courant des paiements, mais les troupes françaises nouvellement arrivées n'en avaient pas été informées.

Une mauvaise évaluation

Les forces italiennes qu'elles remplaçaient n'avaient subi qu'un mort au combat dans les mois précédents et les troupes françaises ont fait une «évaluation incorrecte des risques aux conséquences catastrophiques» dans la zone parce qu'elles ignoraient les paiements effectués, affirme le quotidien. Cela explique, ajoute-t-il, qu'elles étaient relativement peu équipées et comptaient sur une couverture aérienne insuffisante quand elles ont été prises dans une embuscade par 170 insurgés lourdement armés.

Les talibans et la faction insurgée de Hezb-e-Islami avaient revendiqué l'attaque. «Cela peut se justifier d'acheter des groupes locaux et d'utiliser la non-violence pour baisser le niveau de violence. Mais c'est de la folie de ne pas en informer vos alliés», a affirmé un haut officier de l'Otan cité par le quotidien.
Le 8e régiment de parachutistes d'infanterie de marine

Les 10 soldats français qui effectuaient une patrouille de reconnaissance avaient été tués lors de combats de deux jours consécutifs à l'embuscade. 21 autres avaient été blessés. La majorité d'entre eux appartenait au 8e régiment de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa) de Castres (sud-ouest de la France).