Italie: Irrité, Berlusconi s'en prend au président de la République

JUSTICE Qui lui a répondu de façon lapidaire...

Avec agence

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Le gouvernement de Silvio Berlusconi a adopté vendredi un décret-loi pour interdire la suspension de l'alimentation des personnes dans le coma mais le président de la République a refusé de le signer, contraignant le chef du gouvernement à choisir la voie plus longue du projet de loi voté par le Parlement.
Le gouvernement de Silvio Berlusconi a adopté vendredi un décret-loi pour interdire la suspension de l'alimentation des personnes dans le coma mais le président de la République a refusé de le signer, contraignant le chef du gouvernement à choisir la voie plus longue du projet de loi voté par le Parlement. — Vincenzo Pinto AFP/Archives

Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a mis mercredi soir en cause l'impartialité du président de la République Giorgio Napolitano, s'attirant une réplique cinglante de celui-ci, après l'annulation d'une loi qui leur accordait à tous deux l'immunité pénale.

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«Le président, on sait de quel côté il se trouve», a lancé Silvio Berlusconi, les traits tirés et visiblement irrité, en sortant de sa résidence romaine, le Palais Grazioli.

Fait extrêmement rare, le Quirinal, résidence du chef de l'Etat, a aussitôt répliqué d'un communiqué cinglant et lapidaire: «Tout le monde sait de quel côté se trouve le président. Il est du côté de la Constitution, et il exerce ses fonctions avec une impartialité absolue, dans un esprit de collaboration loyale avec les intitutions».

«Comportement irresponsable»

Réponse du berger à la bergère: «Je ne ne suis pas intéressé par ce qu'a déclaré le chef de l'Etat, je ne suis pas intéressé... J'ai l'impression qu'on se moque de moi et ça ne m'intéresse pas. Point final», a réagi le Cavaliere.

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Cette attaque contre le chef de l'Etat, rarissime en Italie, a indigné l'opposition de gauche: «Ce sont des paroles inimaginables dans tout autre pays et aussi en Italie jusqu'à il y a quelques années», a déclaré le secrétaire du Parti démocrate Dario Franceschini. «Il s'agit d'un comportement tout à fait irresponsable», a-t-il ajouté.