Afghanistan: Obama cherche une stratégie gagnante

USA Il a reçu dimanche les responsables du Congrès pour étudier les différentes options...

Faustine Vincent

— 

Tirs de soldats américains à Cop Cherokee, Afghanistan, le 4 octobre 2009.
Tirs de soldats américains à Cop Cherokee, Afghanistan, le 4 octobre 2009. — N. SOLIC / REUTERS

Quelle stratégie adopter pour ne pas perdre la guerre en Afghanistan? Plusieurs options sont sur la table depuis des mois. Pressé de tous côtés, Barack Obama va devoir trancher. Mais il veut se laisser le temps nécessaire avant de prendre une décision, lourde de conséquences, sur l'envoi ou non d'un renfort de 40 000 soldats américains, comme le réclame le général McChrystal, commandant de la force internationale en Afghanistan.

>> Tous nos articles sur l'Afghanistan, c'est ici

Première étape d'une série de consultations, le président américain devait recevoir mardi les responsables du Congrès, de plus en plus impatients. Quelle que soit l'option qui sera retenue, les risques seront considérables, les résultats incertains et les mécontents, nombreux. Déployer des dizaines de milliers de soldats en renfort des 68 000 Américains déjà sur le terrain, c'est s'exposer à un enlisement en cas d'échec.

Se concentrer sur Al-Qaida

C'est aussi se mettre à dos la gauche antimilitariste, qui a appelé à manifester contre la guerre aujourd'hui, et la moitié des Américains, opposés à un tel renfort. Mais refuser d'envoyer des troupes supplémentaires, c'est risquer de devoir assumer seul les conséquences d'un éventuel échec.

Une autre piste possible consiste à se concentrer sur Al-Qaida en multipliant les opérations ciblées, à l'aide de frappes aériennes et des forces spéciales en Afghanistan et au Pakistan voisin. Cette méthode aurait permis, en un peu plus d'un an, de tuer ou capturer 11 des 20 leaders ou alliés d'Al-Qaida cachés dans les zones tribales pakistanaises, selon le New York Times.

La réflexion du Président sur ce débat pourrait prendre «plusieurs semaines», a averti son porte-parole. Seule certitude, les Etats-Unis ne se retireront pas d'Afghanistan, où la situation se détériore de jour en jour, et où, par ailleurs, la population attend toujours le résultat de la présidentielle du 20 août. Le président sortant Hamid Karzai a recueilli 54,6 % des suffrages, mais l'éventuelle invalidation de bulletins suspects pourrait le faire passer sous les 50 %, le contraignant à un second tour.