Oléoduc, nucléaire, tramway... La France a vendu ses services au Kazakhstan

COOPERATION Nicolas Sarkozy a affirmé avoir signé 24 accords...

C. F. avec agence

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 Nicolas Sarkozy et le président Kazakhstan Noursoultan Nazarbaïev le 6 octobre 2009, à Astana.
 Nicolas Sarkozy et le président Kazakhstan Noursoultan Nazarbaïev le 6 octobre 2009, à Astana. — S. ZHUMATOV / REUTERS

Nicolas Sarkozy veut d’une amitié franco-kazakhe à coups d'accords et de contrats ce mardi. Même si elle n'a duré que quelques heures, la visite d'Etat du président français dans la nouvelle capitale Astana a permis aux nombreux PDG d'entreprises françaises qui l'accompagnaient d'entrer enfin de plain-pied sur le juteux marché kazakh, dont le riche sous-sol aiguise les appétits, et de réaliser une première moisson prometteuse.
 
«Nous avons signé vingt-quatre accords», s'est réjoui Nicolas Sarkozy devant son homologue Noursoultan Nazarbaïev, lequel a chiffré le total des contrats signés à «près de six milliards de dollars» (4,07 milliards d'euros).
 
Gaz, pétrole...
 
Dans le secteur stratégique de l'énergie, les groupes français Total et GDF-Suez ont annoncé leur participation, à hauteur de 25% et d'environ un milliard de dollars, à l'exploitation du champ gazier russo-kazakh de Khvalinskoye, en mer Caspienne, opéré en partenariat avec le russe Loukoïl (50%) et le kazakh Kazmunaigaz (25%).
 
Un consortium de sociétés françaises mené par Spie Capag (groupe Vinci) a de son côté signé un protocole d'accord pour la pose d'un oléoduc entre le champ pétrolier géant de Kashagan, en mer Caspienne, et Bakou (Azerbaïdjan) qui permettra d'acheminer l'or noir vers l'Europe en contournant la Russie. Si les négociations commerciales aboutissent, il devrait rapporter 1,2 milliard d'euros aux entreprises tricolores, selon Paris.
 
... Tramway et nucléaire
 
Dans son escarcelle, la délégation française a également décroché des contrats pour la fourniture de deux satellites d'observations de la terre (EADS-Astrium) et d'un tramway (Alstom). Areva a pour sa part créé une société conjointe avec son partenaire kazakh pour l'exportation de combustible nucléaire et EADS une société pour la formation de pilotes, la maintenance et la location d'hélicoptères.
 
En marge de cette dimension économique, Nicolas Sarkozy a répété sa volonté de faire du Kazakhstan «un pays stable où les minorités vivent en paix», un partenaire «privilégié» dans une région agitée, aux portes de l'Iran et de l'Afghanistan. Paris et Astana ont ainsi paraphé un accord prévoyant le transit par le Kazakhstan de l'approvisionnement destiné aux quelque 3.000 soldats français engagés sur le front afghan.
 
Ne pas «venir en donneur de leçons»
 
Questions Droits de l'homme, Nicolas Sarkozy n'a pas hésité à venir au secours de Noursoultan Nazarbaïev, au pouvoir depuis 1989, et très décrié par nombre d'ONG qui s'inquiètent du bilan démocratique du Kazakhstan. Nazarbaïev prendra en 2010 la présidence tournante de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
 
«La meilleure façon de résoudre des problèmes, car il y a des problèmes, et j'en ai parlé avec le président, c'est pas forcément de venir en donneur de leçons, c'est de venir en ami pour essayer de trouver des solutions», a insisté Nicolas Sarkozy.