Les Irlandais adoptent Lisbonne

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Les Irlandais ont dit oui au traité de Lisbonne. Un « oui » massif : 67,13 % des électeurs se sont prononcés en sa faveur. En juin 2008, 53,4 % d'entre eux avaient pourtant dit non, bloquant les réformes des institutions européennes pendant plus d'un an. Le résultat de samedi est une victoire pour l'Europe, mais la course d'obstacles n'est pas finie pour autant. Malgré le « oui » irlandais, le traité n'entrera pas en vigueur avant d'avoir été ratifié par l'ensemble des vingt-sept pays qui composent l'Union européenne (UE). Or, la République tchèque et la Pologne manquent toujours à l'appel.

« J'espère que désormais le président Kaczynski signera très rapidement le traité, comme il l'avait promis », a déclaré le Premier ministre polonais peu après l'annonce des résultats du scrutin en Irlande. « Je ne voudrais pas que la Pologne soit perçue comme un pays qui freine le traité de Lisbonne », a-t-il ajouté. Hier, le président polonais ne s'était toujours pas exprimé après le ralliement irlandais.

En République tchèque, Vaclav Klaus doit, lui aussi, ratifier le traité. Mais il a rappelé, samedi, qu'il attendrait que la Cour constitutionnelle tchèque se prononce sur sa validité. Une manière pour le Président, connu pour son euroscepticisme, de jouer la montre.

Pour les dirigeants de l'UE, le pire des scénarios serait que la République tchèque fasse traîner le dossier en attendant une éventuelle victoire des conservateurs en Grande-Bretagne, lors des législatives de 2010. Le parti de David Cameron a en effet promis d'organiser un référendum sur Lisbonne (le traité a déjà été ratifié par Blair) en cas de victoire, ce qui bloquerait une nouvelle fois les institutions européennes. W