Nouveau couac pour l'affaire Ben Barka

JUSTICE Le parquet demande la suspension de diffusion des mandats d'arrêt visant des Marocains...

Avec agence

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Le dossier de la disparition en 1965 à Paris de l'opposant marocain Medhi Ben Barka a connu lundi un nouveau développement avec la mise en cause de cinq Marocains, dont un haut responsable, le jour où le président Nicolas Sarkozy entamait une visite d'Etat de trois jours au Maroc.
Le dossier de la disparition en 1965 à Paris de l'opposant marocain Medhi Ben Barka a connu lundi un nouveau développement avec la mise en cause de cinq Marocains, dont un haut responsable, le jour où le président Nicolas Sarkozy entamait une visite d'Etat de trois jours au Maroc. — dsk AFP/Archives

L’affaire Ben Barka à nouveau bloquée. Alors que quatre mandats d’arrêts visant des Marocains ont été délivrés cette semaine, le parquet de Paris a demandé vendredi la suspension de leur diffusion. Ce nouveau rebondissement complique encore l’enquête sur la disparition de l'opposant marocain Mehdi Ben Barka en 1965 à Paris.

«Précisions»

Interpol, qui avait diffusé ces mandats il y a quelques jours après feu vert du ministère de la Justice, a demandé depuis des précisions, selon le parquet. «Interpol a demandé des précisions afin de les rendre exécutables. Sans ces précisions ces mandats sont inexécutables», a-t-il précisé.

Ces mandats avaient été signés par le juge parisien Patrick Ramaël, chargé du dossier, en octobre 2007, au moment où Nicolas Sarkozy était en visite d'Etat au Maroc. Cette demande avait plongé la délégation française dans l'embarras.

Ils visent le général Hosni Benslimane, chef de la gendarmerie royale marocaine, le général Abdelhak Kadiri, ancien patron des renseignements militaires, Miloud Tounsi, alias Larbi Chtouki, un membre présumé du commando marocain auteur de l'enlèvement, et Abdlehak Achaachi, agent du Cab 1, une unité secrète des services marocains.

«Interpol pointe des insuffisances dans ces mandats d'arrêt et demande que ces insuffisances soient complétées», a indiqué de son côté le porte-parole du ministère de la Justice, Guillaume Didier. «Dans l'attente, le parquet demande la suspension de leur diffusion», a-t-il ajouté.

Figure emblématique

Ben Barka, chef de file de l'opposition marocaine en exil et figure emblématique du tiers-mondisme, a disparu le 29 octobre 1965 devant la brasserie Lipp à Paris, lors d'une opération menée par les services marocains du roi Hassan II avec la complicité de policiers et de truands français.

Cette affaire n'a jamais été totalement élucidée malgré deux instructions judiciaires: le corps de Ben Barka n'a toujours pas été retrouvé et les conditions de sa mort n'ont pas été établies.

Le fils de l'opposant marocain, Bechir Ben Barka, s'était félicité vendredi matin de la diffusion de ces mandats tout en restant prudent devant la multiplication des «fausses bonnes annonces» tout au long de cette enquête.