Intervenir après un séisme: les priorités des ONG

CATASTROPHE Zoom sur le plan d'action de World Vision à Padang (Indonésie), qui se décompose en trois temps...

Bérénice Dubuc

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Un couple d'Indonésiens marche dans les décombres de la ville de Padang (Sumatra) le 1er octobre 2009 après le séisme du 30 septembre.
Un couple d'Indonésiens marche dans les décombres de la ville de Padang (Sumatra) le 1er octobre 2009 après le séisme du 30 septembre. — CRACK PALINGGI / REUTERS

Après les séismes qui ont touché l’île de Sumatra mercredi soir et jeudi matin, les équipes de sauvetage tentent de retrouver un maximum de survivants dans les décombres, et de sécuriser les bâtiments qui menacent de s’effondrer. Comment procèdent les ONG déjà présentes sur place pour intervenir? 20minutes.fr leur a demandé quelles étaient leurs priorités.
 
1. Savoir où l’on met les pieds
 
«Dans les premières heures, nous tentons d’avoir des informations sur les zones les plus touchées et l’étendue des dégâts, pour pouvoir mettre en place un plan d’action», explique Enda Balina, membre de World Vision, interrogée par 20minutes.fr. Arrivée à Padang ce jeudi matin avec deux de ses collègues de l’ONG, la secouriste indique que «tous les bâtiments administratifs sont fermés, il n'y a pas d'électricité, et les liaisons téléphoniques sont difficiles.» Tant que la coordination avec les autorités n’est pas faite, les secouristes ne peuvent qu’«attendre».
 
2. Mettre les victimes à l’abri
 
En ce qui concerne les milliers de personnes coincées sous les décombres, les 72 premières heures sont cruciales. Enda Balina rappelle que «sans eau ni nourriture», elles ne survivront pas longtemps. Et les rescapés? Amelia Merrick, directrice des opérations de World Vision, le sait: «De très nombreux enfants et leur famille dormiront dehors sous la pluie cette nuit, avec très peu d’abris et dans la peur d’autres fortes secousses.»
 
Priorité pour les ONG, donc: offrir aux victimes un relogement provisoire et envoyer au plus vite des kits de secours destinés aux victimes. World Vision en achemine actuellement 2.000, qui seront distribués par les équipes sur place. À l’intérieur, bâches, tapis, couvertures, et sarongs, le vêtement traditionnel porté en Asie du Sud-Est par les femmes, les hommes et les enfants.
 
3. Prévenir le manque d’eau
 
Les kits de secours contiennent également des produits d’hygiène (brosses à dents, dentifrice, savon, serviettes…). Amelia Merrick le martèle: «L’eau va devenir une préoccupation majeure. Les rescapés ont besoin d’eau potable et d’endroits où se laver.» Dans cette optique, World Vision va distribuer dès vendredi 2.000 jerricans d’eau aux victimes.