Moscou entre deux camps

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La Russie est un acteur clé des négociations sur le nucléaire iranien. Principal partenaire commercial de Téhéran, elle a « accès à tout en Iran, au plus haut niveau, contrairement aux Etats-Unis », souligne un analyste. Or le président Medvedev semble avoir pris un tournant en affirmant, la semaine dernière, que les sanctions sont « parfois inévitables ». « Jusqu'à présent, la Russie utilisait l'Iran pour énerver les Américains. Comme les Etats-Unis ont fait un geste en renonçant à leur bouclier antimissile en Europe, la Russie montre en échange qu'elle sera active dans le dossier iranien. C'est du donnant-donnant et un tournant positif », poursuit l'analyste. Ce changement de ton est toutefois à prendre avec prudence. « La Russie reste réticente à de nouvelles sanctions car l'Iran est un client important », explique François Nicoullaud, ex-ambassadeur de France en Iran. Moscou aide toutefois la communauté internationale, notamment en ne livrant pas à l'Iran ses missiles S-300, sans lesquels les installations sensibles iraniennes sont « comme des chèvres à un piquet : sans défense ». Mais même si la Russie acceptait de voter de nouvelles sanctions au Conseil de sécurité, resterait à convaincre la Chine, encore plus réticente. W

F. V.