Die Linke, le petit jeune de gauche qui dérange le SPD

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La gauche radicale allemande, Die Linke, a de quoi se réjouir. En deux ans, elle a réussi à s'imposer sur la scène politique, renforçant ses positions à l'Est et gagnant du terrain à l'Ouest, malgré des promesses que le SPD juge « populistes ». Die Linke siège dans onze des seize Länder, dont cinq à l'Ouest. Et lors des élections régionales partielles du 30 août, le parti est arrivé en deuxième position dans deux Länder de l'ex-RDA, derrière la CDU mais loin devant le SPD. Un tour de force dans une partie du pays encore marquée par son passé communiste.

Née en juin 2007 de la fusion du parti néocommuniste de l'ex-Allemagne de l'Est et du parti radical de l'Ouest, Die Linke séduit les nombreux déçus du SPD en réclamant plus de justice sociale et en exigeant le retrait immédiat des troupes allemandes d'Afghanistan. Le parti doit aussi beaucoup à son chef, Oskar Lafontaine, dont le parcours est emblématique du mécontentement à l'égard des sociaux-démocrates. Nommé chef du SPD en 1995, c'est grâce à lui que Gerhard Schröder est élu chancelier en 1998. Devenu ministre des Finances, il quitte son poste l'année suivante, jugeant Schröder trop centriste. Lafontaine ne veut pas être associé à ses réformes libérales, ce qui lui vaut la sympathie des chômeurs ainsi que des salariés et retraités précaires. En mai 2005, il claque finalement la porte du SPD pour fonder un nouveau parti de gauche. Avec Die Linke, Lafontaine pourrait bien bousculer le traditionnel jeu des alliances au sein du gouvernement allemand. W

S.C.