L'Iran teste ses missiles courte portée

DISSUASION Alors que la tension est palpable avec les Occidentaux, l'armée iranienne a procédé à deux tirs de missiles dimanche matin...

Avec agence

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Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, à l'université de Téhéran, vendredi.
Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, à l'université de Téhéran, vendredi. — A. KENARE / AFP

Téhéran semble prendre un malin plaisir à jouer avec les nerfs des dirigeants occidentaux. Moins de 48h après la polémique sur un nouveau site d’enrichissement d’uranium, l'Iran a tiré, dimanche matin, deux missiles de courte portée au début d'exercices militaires, a rapporté la télévision d'Etat en langue arabe, Al-Alam. Selon la chaîne, il s'agit de missiles Tondar et Fateh 110.

Les Gardiens de la révolution, l'armée idéologique du régime, avaient annoncé samedi qu'ils effectueraient à partir de dimanche des manoeuvres impliquant des tirs de missiles afin d'«améliorer» les capacités de dissuasion des forces armées iraniennes.

Ces exercices n'ont rien d'exceptionnel mais interviennent à un moment de tensions avec l'Occident sur le programme nucléaire controversé de la République islamique, après la révélation de la construction par Téhéran d'un second site d'enrichissement d'uranium.

«Evaluer les progrès techniques»

Commentant samedi l'exercice militaire débuté dimanche, le commandant des forces aériennes des Gardiens de la révolution, Hossein Salami, avait affirmé que son principal objectif était «d'évaluer les progrès techniques récemment réalisés dans les missiles sol-sol», selon le site internet du corps d'élite Sepahnews.

Selon lui, les forces tireront «simultanément» et «successivement» des missiles lors des manoeuvres baptisées «Grand prophète 4» et qui dureront plusieurs jours.

L'Iran effectue régulièrement des manoeuvres dans les eaux stratégiques du Golfe --y procédant notamment à des tirs de missiles de longue et moyenne portée--, et fait régulièrement état de progrès dans le domaine de la défense et en particulier en ce qui concerne son programme balistique.

Israël et les Etats-Unis à bout de nerfs

Les puissances occidentales accusent, depuis plusieurs années, l'Iran de vouloir se doter de l'arme atomique sous couvert de programme civil, ce que Téhéran dément.

Samedi, le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA) Ali Akbar Salehi, a semblé vouloir calmer les inquiétudes internationales en démentant à la télévision tout caractère «militaire» du second site d'enrichissement d'uranium situé à une centaine de kilomètres de Téhéran.

Les Occidentaux ont toutefois sommé l'Iran de faire toute la lumière sur ses activités nucléaires à la réunion du 1er octobre à Genève avec le groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et l'Allemagne), faute de quoi il ne pourra plus échapper à de nouvelles sanctions. Israël et les Etats-Unis n'ont par ailleurs pas exclu l'option militaire face au risque d'un Iran nucléaire.

Téhéran veut montrer patte blanche

Le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Ali Akbar Salehi, a déclaré samedi que «le nouveau site sera placé sous la supervision de l'AIEA», ajoutant que l'Iran allait «y enrichir de l'uranium à un maximum de 5%», c'est-à-dire un taux insuffisant pour produire des armes.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton s'est félicitée de cette décision, soulignant à New York que «toute décision de l'Iran de se conformer aux règles et régulations internationales, et particulièrement celles concernant l'AIEA, est toujours bienvenue».