Législatives en Allemagne: la participation s'annonce faible

ÉLECTIONS es conservateurs d'Angela Merkel sont favoris mais leur marge de manoeuvre en cas de victoire risque d’être limitée...

Avec agence

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Créditée de 35 % des intentions de vote, Angela Merkel semble sereine.
Créditée de 35 % des intentions de vote, Angela Merkel semble sereine. — JUELICH/SIPA

Les Allemands étaient peu nombreux à être allé voter ce dimanche matin aux législatives qui devraient reconduire Angela Merkel à la tête du pays, avec une participation de 36,1% à 14h, soit plus de 5 points de moins qu'en 2005 à la même heure. Il y a cinq ans, 41,9% des électeurs avaient déjà voté à cette heure-là, a souligné le responsable fédéral des élections, en annonçant en milieu d'après-midi ce premier chiffre de participation.

La participation pourrait atteindre son plus bas niveau depuis la création de la République fédérale il y a soixante ans. Le pire score de participation remonte pour l'instant à 2005, avec 77,7%.

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Quelque 62,2 millions d'électeurs étaient invités à voter jusqu’à 18h pour élire la nouvelle assemblée du Bundestag, qui choisira le chef de gouvernement de la première puissance européenne.

Les derniers sondages accordaient au bloc de droite entre 46 et 48% des intentions de vote. Selon les politologues, au-dessus de 47%, Angela Merkel pourra gouverner avec les libéraux du FDP, comme elle le souhaite, mais en dessous les calculs seront serrés.

De nombreux indécis

Une majorité d'Allemands s'attend d'ailleurs à une reconduction de la «grande coalition» entre les conservateurs CDU d’Angela Merkel et les sociaux-démocrates SPD.

Les sociaux-démocrates sont crédités de 26-27% des voix, après avoir longtemps stagné à 20-23%. Une bonne performance de leur candidat Frank-Walter Steinmeier, ministre des Affaires étrangères, lors d'un duel télévisé avec la chancelière le 13 septembre, avait amorcé la remontée. Les pronostics étaient d'autant plus difficiles qu'à quatre jours du scrutin un quart des électeurs se disait indécis, un record.

Avec qui s’allier?

La CDU a mené une campagne peu pugnace en misant entièrement sur la popularité record de la chancelière et en évitant les débats de fond. Les coalitions CDU-FDP et CDU-SPD sont les deux seuls scénarios réalistes, bien qu'en théorie d'autres combinaisons soient possibles.

29 partis sont en lice mais seuls cinq devraient franchir la barre des 5% requise pour entrer au Bundestag. Outre la CDU et le SPD, les Verts sont crédités de 10 à 11% des intentions de vote, les Libéraux de 11 à 14% et Die Linke (extrême gauche) de 10 à 12% des voix.

Des inquiétudes sur la sécurité ont émergé dans les derniers jours de campagne, avec des menaces de militants islamistes, dont un message sous-titré en anglais et en allemand du chef d'Al-Qaïda, Oussama Ben Laden.