Une erreur de pilotage à l'origine du crash de l'avion Yemenia?

TRANSPORT Le pilote se serait posé trop vite...

20minutes.fr

— 

Airbus A310 de la compagnie Yemenia.
Airbus A310 de la compagnie Yemenia. — REUTERS

Le crash de la Yemenia qui a fait 152 morts le 30 juin au large des Comores serait dû à une erreur de pilotage. C’est ce qu’a indiqué samedi à Marseille une association de familles de victimes, citant des informations reçues jeudi à Paris du Bureau d'enquêtes et d'analyses.

Une piste qui avait déjà été évoquée début septembre mais que Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat chargé des transports, avait alors démenti.

>> Retrouvez notre dossier sur le crash de l'avion de Yemenia en cliquant ici

«Les éléments recueillis dans les boîtes noires indiquent que le commandant de bord de l'Airbus A320 n'a pas respecté les consignes d'atterrissage qu'il avait reçues en fonction de la météo», a déclaré Ahmed Mohamed, président d'une association des familles des victimes, samedi lors d'une conférence de presse au consulat des Comores à Marseille.

Vent et trajectoire changée

Selon les éléments donnés jeudi à l'association, reçue également au Quai d'Orsay par l'ambassadrice française auprès des familles de victimes, il y avait un vent de quarante noeuds sur la zone et le pilote s'est vu conseiller d'atterrir selon une trajectoire qu'il n'a pas respectée.

«Il se serait posé trop vite», a indiqué un avocat spécialiste des crash aériens présent à la conférence de presse et que devrait engager l'association pour obtenir réparation.

Cette hypothèse d'une erreur de pilotage ne satisfait pas totalement l'association. «Y a-t-il eu aussi un problème mécanique, électronique? On espère avoir suffisamment de réponses dans les semaines qui viennent», a ajouté son président lors de la conférence de presse.

Selon une source proche du dossier, l'hypothèse d'une défaillance d'un signal de réception dans l'avion, servant à le positionner par rapport à la piste lors de l'atterrissage, est également envisagée.

Les boîtes noires de l'appareil ont été retrouvées fin août. Les autorités comoriennes sont officiellement en charge de l'enquête sur l'accident, mais ont demandé l'assistance du Bureau d'enquêtes et d'analyses en France.

Le président de l'association a souhaité que le rapport d'enquête définitif soit remis «dans les meilleurs délais» par les autorités comoriennes. «On doit les faire bouger pour qu'ils nous parlent», a dit Ahmed Mohamed. Un second rapport doit être remis dans le cadre de l'enquête judiciaire ouverte par le parquet de Bobigny.