Nucléaire: l'Iran répond à la polémique autour de son deuxième site d'enrichissement d'uranium

NUCLEAIRE Le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Ali Akbar Salehi, dénonce un complot des Occidentaux...

20minutes.fr

— 

Le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Ali Akbar Salehi.
Le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Ali Akbar Salehi. — Herwig Prammer / Reuters

«Nous ne demandons de permission à personne à propos de nos activités nucléaires. Nous ne renoncerons jamais à notre droit absolu dans le cadre de nos engagements internationaux» en matière de nucléaire, a déclaré samedi le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Ali Akbar Salehi.

Double timing

Une déclaration qui survient à quelques jours de la rencontre de Genève, le 1er octobre, entre l'Iran et les puissances du groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et l'Allemagne) pour parler du programme nucléaire controversé de Téhéran.

Une déclaration qui survient surtout au lendemain de l’annonce de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), laquelle a fait savoir vendredi que les autorités iraniennes l'avaient informée le 21 septembre de la construction d'un deuxième centre d'enrichissement d'uranium, en plus de celui de Natanz (centre).

Un complot?

Elle a suscité la colère d'Israël et des dirigeants occidentaux, parmi lesquels le président américain Barack Obama, qui a affirmé que l'Iran devait faire «toute la lumière» sur son programme nucléaire, ainsi que le premier ministre britannique Gordon Brown et le président français Nicolas Sarkozy, menaçant Téhéran de nouvelles sanctions. Salehi a dénoncé «un complot» des Occidentaux qui, selon lui, voulaient utiliser cette affaire pour faire pression sur l'Iran. «Le site se trouve sur la route entre Téhéran et Qom, à 100 kilomètres de Téhéran et plus de détails seront donnés ultérieurement sur le site», a-t-il ajouté.

Barack Obama aurait été mis au courant de la construction de ce site quelques temps après avoir été élu, avance Le Monde. Pourquoi avoir tardé à en parler, alors? «Cela aurait été une erreur terrible, détaille un expert cité par le quotidien du soir. Au début, une usine comme celle-là peut avoir des usages multiples. Il était important d'attendre que la construction atteigne le stade où elle est indéniablement prévue pour des centrifugeuses».

Selon le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, l'annonce de la construction par Téhéran d'un nouveau site constitue «un coup dur» pour les puissances occidentales. «Cette affaire a pris une telle tournure que (maintenant) nous pensons qu'ils (les Occidentaux) regrettent d'en avoir parlé», a dit Ahmadinejad aux journalistes à son retour en Iran de New York où il a participé à l'Assemblée générale de l'ONU.

Inspection à venir

Ali Akbar Salehi a en outre annoncé que l'Iran fixera avec l’AIEA une date pour la visite de ce nouveau site. «A propos de l'inspection, cela se fera selon les règles. Le président (Mahmoud Ahmadinejad) a affirmé que nous n'avions pas de problèmes pour une inspection conformément aux règles. Nous discuterons avec l'Agence de cette question et la date de l'inspection sera annoncée ultérieurement après accord avec l'AIEA», a conclu Salehi à la télévision d'Etat. Pour rappel, Salehi est l'ancien ambassadeur d'Iran auprès de l'AIEA.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton s'est félicitée samedi à New York de la décision iranienne d'autoriser l'AIEA à inspecter son nouveau site. «Toute décision de l'Iran de se conformer aux règles et régulations internationales, et particulièrement celles concernant l'AIEA, est toujours bienvenue».