Enquête sur le décès d'une femme qui prenait une pilule contraceptive

SUISSE La pilule «Yaz», du groupe pharmaceutique Bayer, pourrait être en cause...

Avec agence

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L'Institut suisse de contrôle des médicaments Swissmedic annonce avoir ouvert une enquête sur le décès mi-septembre d'une jeune femme qui a succombé à une embolie pulmonaire qui pourrait être liée à la pilule contraceptive «Yaz» du groupe pharmaceutique Bayer. Une enquête judiciaire a également été ouverte et confiée à un juge d'instruction, a indiqué Bayer expliquant que le groupe ne pouvait commenter davantage cette affaire.

Cette jeune femme avait commencé à prendre cette pilule dix mois avant son décès, a précisé Swissmedic dans un communiqué publié sur son site internet. Si le lien est avéré, il s'agirait du premier décès en Suisse en rapport avec la pilule «Yaz», a indiqué Joachim Gross, un porte-parole de Swissmedic, à l'agence de presse suisse ATS. «Des thromboses et des embolies sont des complications rares mais connues en rapport avec les hormones sexuelles féminines, comme par exemple les pilules contraceptives», selon un communiqué de Bayer.

Le précédent de la pilule «Yasmin»

La pilule contraceptive «Yaz» a été lancée début septembre 2008 sur le marché suisse. Elle est en vente depuis mai 2008 dans l'Union européenne et depuis 2006 aux Etats-Unis, selon les indications du géant pharmaceutique.

«Yasmin», une autre pilule contraceptive de Bayer, aux caractéristiques très voisines, a été suspectée début 2009 quand une jeune fille avait dû être plongée durant trois mois dans un coma artificiel après une embolie pulmonaire. Swissmedic avait alors décidé de mener une évaluation portant sur l'ensemble des pilules contraceptives. Ses résultats sont attendus fin octobre, selon Joachim Gross.

Pas de lien avéré... mais Bayer se charge des frais

Pour Bayer, il n'est «pas démontré» que l'embolie dont avait été victime la jeune femme plongée dans le coma était liée à la prise de sa pilule. Toutefois, la jeune femme était sortie de son coma gravement handicapée et le groupe pharmaceutique avait pris en charge les frais de rééducation à hauteur de 200.000 francs suisses (132.000 euros).

«Yaz» et «Yasmin» sont des pilules contraceptives faiblement dosées, alliant deux principes actifs: l'éthinylestradiol, un oestrogène très courant dans les contraceptifs oraux, et la drospirénone. Cette dernière est un gestagène synthétique «proche de l'hormone naturelle» contenue par les pilules des générations précédentes, indique Bayer sur son site internet.