Yves Lévy: des résultats qui «donnent l'espoir de parvenir à un vaccin contre le VIH»

INTERVIEW Le responsable de la recherche vaccinale contre le VIH à l'Agence nationale de recherche sur le Sida et les hépatites virales (ANRS) réagit à l'annonce de la mise au point d'un vaccin...

Propos recueillis par Julien Ménielle

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Le professeur Yves Lévy, responsable de la recherche vaccinale contre le VIH à l'Agence nationale de recherche sur le Sida et les hépatites virales (ANRS)
Le professeur Yves Lévy, responsable de la recherche vaccinale contre le VIH à l'Agence nationale de recherche sur le Sida et les hépatites virales (ANRS) — DR/ANRS
Aviez-vous connaissance de ces travaux?
Cela fait 7 ou 8 ans déjà que nous suivons ces travaux. L'un des deux vaccins combinés avait d'ailleurs été testé en France.
 
Une collaboration entre la Thaïlande et l'armée américaine, n'est-ce pas étonnant?
Non, il est très fréquent d'avoir plusieurs promoteurs de pays différents pour ce type de travaux. Et aux Etats-Unis, l'armée joue un rôle important dans la recherche en santé publique.
 
Comment peut-on affirmer que ce vaccin diminue la contamination de 30%?
L'étude a été menée sur 16.000 personnes âgées de 18 à 30 ans. La moitié a reçu une dose des deux vaccins combinés, l'autre un placebo. Après les conseils d'usage, ils sont retournés à leur vie habituelle et ont été suivis pendant trois ans et demi. Dans le premier groupe, 51 ont été infectés, dans le second, ils étaient 74.
 
Combiner deux vaccins pour en créer un autre, est-ce révolutionnaire?
Non, la technique en elle-même est connue. Elle s'appelle le «prime boost», et c'est d'ailleurs celle que nous utilisons à l'ANRS. Elle consiste à agir sur plusieurs branches du système immunitaire en même temps. L'efficacité s'en trouve démultipliée.
 
Les résultats sont-ils vraiment encourageants?
Oui, ils donnent l'espoir de parvenir à mettre au point un vaccin efficace contre le VIH. Mais impossible à dire dans quels délais. A l'ANRS, nous continuons de développer des vaccins du même type que ceux utilisés dans cette étude, dans l'optique de les combiner. Nous effectuerons des tests début 2010.
Panel

Selon les chercheurs, les tests ont été menés sur 16.000 volontaires thaïlandais hétérosexuels qui ne présentaient pas de risque particulier d'infection par ce virus.