Conférence sur le climat à New York: Qui propose quoi?

ENVIRONNEMENT Présidents et premiers ministres doivent plancher en groupe de travail toute la journée et rendre leurs conclusions en fin de journée...

C. F. avec agence

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Le président américain Barack Obama lors du sommet sur le climat à New York le 22 septembre 2009.
Le président américain Barack Obama lors du sommet sur le climat à New York le 22 septembre 2009. — AFP PHOTO/Emmanuel Dunand

Un échec à la conférence sur le climat à Copenhague serait «moralement inexcusable». C'est ainsi que Ban Ki-Moon a ouvert ce mardi le sommet sur le changement climatique à New York. «Le changement climatique est la question géopolitique et économique dominante du 21e siècle qui bouleverse l'équation mondiale du développement, de la paix et de la prospérité», poursuivi le secrétaire général de l'ONU. Le sommet de l'ONU a pourtant déçu les attentes pour l'instant, faute d'annonces majeures des principaux joueurs, alors qu'une surprise était attendue du côté de la Chine. Qui propose quoi? 20minutes.fr fait le point.

La France donne rendez-vous aux prinpaux pays pollueurs à la mi-novembre

Nicolas Sarkozy a insisté sur le fait que «les pays pauvres devaient être au coeur de la stratégie de Copenhague», souhaitant qu'«une initiative particulière» soit prise pour l'Afrique. Comme son homologue américain, le président français a appelé les pays émergents à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, aidés sur le plan financier et technologique par les pays développés. Parmi les propositions concrètes de la France ce mardi, figure notamment la création d'une seule organisation mondiale de l'environnement. Nicolas Sarkozy a également proposé que les chefs d'Etat des principales économies, qui représentent 80% des émissions de gaz à effet de serre de la planète, se retrouvent à la mi-novembre pour «sortir des jeux de rôle et des discours qui ne sont pas suivis d'effet.»

La Chine propose d'augmenter la couverture forestière pour absorber le C02


Le président chinois Hu Jintao devait annoncer ce mardi des «mesures ambitieuses» afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans son pays qui en est le premier émetteur de la planète. Rien de très précis n'a toutefois émergé de son discours. Il s'est engagé devant l'ONU à réduire «notablement» les émissions de gaz à effet de serre rapportées à la croissance économique d'ici à 2020 comparativement à 2005. «Deuxièmement nous allons vigoureusement développer les énergies renouvelables et l'énergie nucléaire», a-t-il ajouté. «Nous allons accroître la part des énergies non-fossiles dans la consommation du pays à environ 15% d'ici 2020», a aussi précisé Hu Jintao. Il s'est enfin engagé à augmenter la capacité du pays à absorber le CO2 émis dans l'atmosphère en augmentant la couverture forestière de la Chine de 40 millions d'hectares d'ici à 2020 comparativement à 2005.

Les Etats-Unis veulent s'en prendre aux subventions aux carburants

Comme prévu, le président américain, qui a les mains liées par son Congrès, est resté vague sur les objectifs concrets à atteindre pour les Etats-Unis. S'il a affirmé être déterminé à agir contre le réchauffement climatique, Barack Obama a reconnu que «le plus dur» restait à faire d'ici le sommet de Copenhague en décembre. Il s'est gardé, malgré la pression des pays européens et de certains pays riches sur les Etats-Unis, d'énoncer un objectif autre que celui déjà connu de ramener d'ici à 2020 les émissions américaines de gaz à effet de serre à leur niveau de 1990. Le présiden américain a préféré rappeler que les Etats-Unis avaient beaucoup investi dans les énergies renouvelables et avaient fait plus en huit mois que ce qui n'avait jamais été fait pour lutter contre les gaz à effet de serre. Le département américain au Trésor a d'ailleurs annoncé juste après avoir dépensé un milliard de dollars du plan de relance promulgué en février dans les projets d'énergie verte. Parmi les pistes également évoquées ce mardi, la suppression des subventions aux carburants provenant des énergies fossiles, qui sera proposée lors du G20 de jeudi et vendredi. Même si les Etats-Unis sont l'un des plus gros pollueurs de la planète, Barack Obama a également pressé les pays émergents comme la Chine ou l'Inde de «faire leur part» du job et d'adopter des «mesures vigoureuses», quitte à les aider financièrement et techniquement.

L'UE appelle «à sortir de l'impasse» dans la négociation

Le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, dont le pays préside actuellement l'Union européenne, a appelé pour sa part à «sortir de l'impasse» dans la négociation en cours d'un futur accord contre le réchauffement. «Nous sommes à 76 jours de la conférence de Copenhague mais les négociations vont beaucoup trop lentement et manquent de progrès réels. Nous sommes proches d'un blocage», a-t-il lancé. «Franchement, il n'y a pas d'option autre qu'un succès à Copenhague», a conclu Fredrik Reinfeldt.

Le Japon va créer un marché national de permis d'émission

Enfin un chiffre d'énoncé. Le Premier ministre japonais Yukio Hatoyama a confirmé l'engagement de son pays à s'efforcer «de réduire ses émissions de 25% d'ici à 2020 par rapport à leurs niveaux de 1990». Il a promis, pour y parvenir, de «mobiliser tous les outils politiques disponibles", y compris en créant un marché national de permis d'émission, ou en instaurant une taxe frappant les émissions de carbone. Ce nouvel objectif nippon est nettement plus ambitieux que celui du précédent gouvernement japonais, qui visait une réduction de seulement 8%.