Grève du lait: journée d'épandage massif et de manifestations

AGRICULTURE C'est la «Journée blanche» des producteurs...

Avec agence

— 

Des producteurs déversent trois millions de litre de lait dans un champ à Ciney, Belgique, le 16 septembre 2009.
Des producteurs déversent trois millions de litre de lait dans un champ à Ciney, Belgique, le 16 septembre 2009. — J. THYS / AFP

Les éleveurs qui font la grève du lait se préparent à une «journée blanche» ce vendredi avec épandage «massif» de leur production, alors que Bruxelles a fait de nouvelles propositions pour répondre à la baisse des prix.

>> Lire notre décryptage sur la crise du lait ici

Un rassemblement «gigantesque» avec déversement de centaine de milliers de litres de lait est notamment annoncé à Tanis (Manche), à proximité du Mont Saint-Michel.

Une grève «choquante»

«Il y aura une manifestation dans toutes les régions au même moment vendredi par obligation, pour démontrer qu'on fait plus que les 7% de grévistes comme le dit Jean-Michel Lemétayer (président de la FNSEA) qui fait de l'intoxication avec les industriels», a déclaré Pascal Massol, président de l'Association des producteurs laitiers indépendants (Apli) qui appelle à la grève.

Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture, estime que «cette grève du lait est choquante pour tous les citoyens européens», sur RTL. Le ministre recevra les producteurs à partir de 8h15.

Un impact difficile à mesurer

Une semaine après son déclenchement, l'impact de la grève du lait reste en effet très difficile à mesurer. Selon qu'ils émanent des industriels et syndicalistes non grévistes ou des producteurs favorables au mouvement, les chiffres de participation sont extrêmement contrastés, allant de «5 à 10%» à «plus de 50% de grévistes».

En Charente, Philippe Varacher, membre de l'Apli et producteur à Verneuil, estime à «40% aujourd'hui» le nombre de grévistes, contre «10%» en début de mouvement. «On va vers les 60%», assure-t-il. «On s'achemine vers un blocage complet des laiteries ce week-end par manque de lait. C'est du jamais vu», a affirmé de son côté Yves Leperlier, président de la commission lait de la Confédération paysanne.

Au niveau national, la Fédération des producteurs laitiers (FNPL), branche spécialisée de la FNSEA, évalue le «refus de livraison», autrement dit le taux des grévistes, entre 5 et 10%. Côté industriels, l'Association de la Transformation Laitière Française (Atla), qui réunit les laiteries privées et les coopératives, a maintenu jeudi les chiffres annoncés la veille avec une collecte en baisse de 7 à 8% par rapport à l'an dernier à la même époque.

Des propositions de l’Europe

Tentative de répondre à la détresse des agriculteurs, qui vendent leur lait à un prix souvent inférieur aux coûts de production, la Commission européenne a proposé jeudi une série de mesures pour faire face à la crise du lait, dont un assouplissement des règles de recours à des sortes de «primes à la casse» pour la restructuration du secteur.

Mais elle n'envisage pas de revenir sur l'abolition du système des quotas, pourtant indispensable, aux yeux des grévistes, pour endiguer la production.