Bouclier anti-missile: L'Europe salue l'annonce d'Obama

DIPLOMATIE De nombreux chefs d'Etat ont apporté ce jeudi tout leur soutien au président américain...

Avec agence

— 

Les Nord-Coréens ont placé sur une rampe de lancement un engin qui semble être un missile balistique de longue portée, a rapporté l'agence de presse japonaise Kyodo dans la nuit de mercredi à jeudi.
Les Nord-Coréens ont placé sur une rampe de lancement un engin qui semble être un missile balistique de longue portée, a rapporté l'agence de presse japonaise Kyodo dans la nuit de mercredi à jeudi. — AFP/Archives
Barack Obama a fermé la porte à un bouclier antimissile ce jeudi, et les réactions ne se sont pas fait attendre. Bien que Washington ait réfuté l’idée d’avoir fait ce geste pour s’attirer les faveurs de la Russie, Dmitri Medvedev s’est immédiatement prononcé sur le sujet. Le président russe a salué jeudi la décision «responsable» de son homologue américain. «Je suis prêt à poursuivre le dialogue» a-t-il ajouté.

En juillet, les deux dirigeants s'étaient mis d'accord pour chercher à travailler ensemble sur l'évaluation des risques balistiques et la réponse à y apporter. «La déclaration de Washington aujourd'hui montre que, pour un tel travail, de bonnes conditions se mettent en place», a estimé le président russe.

La Pologne et la République Tchèque prennent acte

En Europe, la Grande-Bretagne et l’Allemagne se sont également dites satisfaites de la décision. «Je considère que cette décision aujourd'hui est un signal d'espoir» susceptible de permettre notamment «de surmonter les difficultés avec la Russie», a déclaré Angela Merkel alors qu’elle se rendait à une réunion des dirigeants européens à Bruxelles, visant à préparer le prochain sommet du G20. Nicolas Sarkozy a parlé d'une «excellente décision à tout point de vue», il'espère que «nos amis russes attacheront de l'importance à cette décision».

Quant à la Pologne et la République Tchèque, qui avaient signé un accord sur le bouclier, ont pris acte de la décision des Etats-Unis de renoncer au projet. Les deux pays ont toutefois tenu à souligner que leur sécurité n’était pas menacée. «Cette décision du gouvernement américain n'a nullement surpris ceux qui ont suivi attentivement les signes qui s'annonçaient ces derniers mois», a estimé le président tchèque Vaclav Klaus.

Elément rassurant, Washington a proposé de déployer en 2015 en Pologne et en République tchèque des missiles SM-3, conçus pour détruire des missiles balistiques à courte et moyenne portée.

L’Otan va débattre de la question

A l’Otan, c’est avec plus de précaution que l’on a réagi. «L'Otan va revoir toute sa réflexion sur la défense antimissile», a déclaré James Appathurai à la presse à l'issue d'une réunion des ambassadeurs des 28 pays alliés pour prendre connaissance de la décision américaine.

Le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen a salué l'intention des Etats-Unis d'inclure l'ensemble des pays alliés dans les discussions à venir sur le système antimissile en Europe.

«Cela ne veut pas dire accepter automatiquement ce que les Etats-Unis ont suggéré», a tempéré James Appathurai. Les pays de l'Otan vont débattre de la question antimissile et leurs ministres de la Défense feront le point les 22 et 23 octobre à Bratislava, a-t-il souligné.