Les Etats-Unis abandonnent leur projet de bouclier anti-missile européen

ARMEMENT Destiné à se prémunir de la menace iranienne, il contrariait beaucoup la Russie...

Avec agence

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L'Iran a dit avoir testé mercredi un missile sol-sol de "nouvelle génération" d'une portée proche de 2.000 km, mais sans apporter de détails sur ses progrès réels en la matière.
L'Iran a dit avoir testé mercredi un missile sol-sol de "nouvelle génération" d'une portée proche de 2.000 km, mais sans apporter de détails sur ses progrès réels en la matière. — AFP

George W. Bush en rêvait, Barack Obama ne l’a pas fait. Le président américain a proposé ce jeudi une «nouvelle approche» du projet de défense des Etats-Unis sur le continent européen. «Notre nouvelle architecture de défense anti-missile en Europe assurera aux forces américaines et aux alliés de l'Amérique une protection plus forte, plus intelligente et plus rapide», a indiqué Barack Obama.

Fini le gros bouclier, place donc à un système plus léger, mieux adapté à des missiles de courte et moyenne portée. La Pologne et la République Tchèque pourront toujours accueillir ces structures à l'horizon 2015.

La menace iranienne réévaluée à la baisse

Pourquoi un tel revirement? Parce que l’Iran serait finalement moins menaçant que prévu, selon le Pentagone. «Le projet précédent reposait sur l'estimation selon laquelle l'Iran était déterminé à développer un programme de missiles à longue portée (ICBM)» mais «d'après les derniers renseignements, ils sont beaucoup plus concentrés sur le développement de capacités de courte et moyenne portée» a déclaré à l’AFP un porte-parole du Pentagone.

Le département de la Défense américain a ajouté que cette décision n’avait pas été prise pour s’attirer les faveurs de la Russie qui, de son côté, a également rejeté l’hypothèse d’un accord secret entre les deux nations. Toutefois, cette nouvelle donne «serait un signe positif pour (la Russie)», a dit un porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères.

Sans surprise, l’abandon du projet de bouclier anti-missile, imaginé par George W. Bush, a provoqué un tollé au sein des Républicains américains. «Cette décision unilatérale est une grave erreur qui remet en question la sécurité des Etats-Unis et risque de saper la perception du leadership américain en Europe de l'Est», a dénoncé John McCain, candidat malheureux à la dernière élection présidentielle américaine.