Unesco: La candidature controversée d'Hosni Farouk

ELECTION Le candidat égyptien, qui partait grand favori, n'a pas passé le premier tour...

Elodie Lestrade

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  — T. TODRAS-WHITEHILL / REUTERS
Il était favori, il n'a pas obtenu le nombre de voix suffisant pour passer au premier tour. Hosni Farouk, candidat égyptien à la tête de l'Unesco devra donc présenter sa candidature lors du deuxième tour, samedi. Peintre ayant exposé à travers le monde, Hosni Farouk est ministre de la Culture égyptienne depuis 22 ans. Durant ces années, il a travaillé d’arrache-pied à la mise en valeur du patrimoine historique de son pays, ce qui fait de lui un candidat idéal au poste qu'il brigue. Seulement, beaucoup ne lui pardonnent pas ces propos controversés de 2008.

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Une tribune pour dénoncer sa candidature

Des propos qui remontent à il y a un an. Interrogé sur la présence de livres en hébreu dans la fameuse bibliothèque d’Alexandrie, le ministre de la Culture égyptien avait alors répondu: «Brûlons ces livres. S’il y en a, je les brûlerais moi-même devant vous.» Au moment de l’officialisation de sa candidature à la tête de l’organisation mondiale, ces mêmes propos lui sont reprochés par les organisations juives.

Dans un article du Monde daté du 22 mai 2009, les intellectuels Bernard Henri-Lévy, Elie Wiesel et Claude Lanzmann, montent au créneau pour dénoncer la candidature d’un homme qu’ils jugent «dangereux».

Apparition de nouveaux candidats


Le Times estime que, jusqu’à ce moment là, «Hosni Farouk était certain de succéder au japonais Koichiro Matsuura en tant que directeur général car il régnait – à Washington, comme dans beaucoup de capitales européennes – le sentiment que c’était au tour d’un Arabe d’être à la tête de l’Unesco.»

La tribune des trois intellectuels juifs a eu pour effet de décrédibiliser la candidature de l’Egyptien. A la veille du dépôt de candidatures (fixée au 31 mai), d’autres candidats émergent comme par magie. Le 28 mai, le New York Times rapporte ainsi que «la ministre des Affaires étrangères autrichienne et commissaire européenne aux Relations extérieures est maintenant candidate. De même que l’ambassadrice équatorienne à Washington, Ivonne A-Baki.»

Paris, ville-hôte, ne peut se prononcer

Dans un entretien à France 24, le candidat se défend de tout antisémitisme. «Un membre du Parlement m’a demandé si je savais s’il y avait des livres israéliens insultant l’Islam dans la bibliothèque nationale. J’ai dit que je ne savais pas. Quand il a insisté, je lui ai dit que s’il y avait de tels livres, il devrait me les apporter pour que je les brûle», se défend-il.

Ouvertement, la France n’a pas le droit, en tant que pays hôte du siège de l’Unesco, de soutenir un candidat donné. Lors d’une interview sur Europe 1, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner est resté prudent: à la question «est-ce quelqu’un de fréquentable?», le ministre a répondu, après quelques secondes de silence, «c’est un candidat».



Mais comme rapporte le Guardian, «coté jardin, les proches de Nicolas Sarkozy soutiennent le candidat égyptien, en partie pour s’assurer du soutien de l’Egypte dans le projet d’Union Méditerranéenne.»

Le nom du nouveau directeur général sera connu à l’issue de l’Assemblée générale du mois d’octobre.