La Grande-Bretagne pourrait ficher les parents pour protéger les enfants

LONDRES Un projet de loi prévoit un contrôle de tous les adultes exerçant une activité quelconque auprès de mineurs. Devant le tollé provoqué, le gouvernement revoit sa copie...

J. M.

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Le gouvernement britannique pensait tenir une idée de génie dans le cadre de son action pour la protection de l'enfance. Ficher tous les adultes en contact régulier avec des mineurs de par leur activité et leur délivrer un agrément, après contrôle de leur casier judiciaire.
 
Mais telle qu'elle a été rédigée, la loi s'appliquerait à un très grand nombre d'adultes, y compris à des parents participant bénévolement à la vie d'un club sportif ou à des activités scolaires, voire recevant simplement un correspondant étranger. Ce qui a déclenché une polémique de l'autre côté de la Manche, au point que le gouvernement semble faire machine arrière.
 
Un projet de loi commandé après un faits divers

A l'origine du rapport ayant débouché sur ces préconisations, un faits divers remontant à 2002. Les petites Jessica Wells et Holly Chapman, âgées d’une dizaine d’années, avaient à l'époque été violées et tuées par Ian Huntley, gardien et homme à tout faire dans l’école des fillettes. Mais aujourd'hui, Sir Roger Singleton, auteur du rapport, est prié de revoir sa copie.
 
Face à la levée de boucliers dans l'opinion publique, de l'opposition mais aussi de certaines associations de protection de l'enfance, le secrétaire d’Etat à l’Enfance Ed Balls a demandé à l’auteur de plancher à nouveau sur les propositions qui avaient découlé de son texte.