En quête d'une stratégie gagnante

Sophie Cois

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Pour les 27 représentants spéciaux, l'essentiel est de sécuriser l'Afghanistan.
Pour les 27 représentants spéciaux, l'essentiel est de sécuriser l'Afghanistan. — M. FEDOUACH / AFP

Sans attendre les résultats définitifs de la présidentielle en Afghanistan, la communauté internationale s'est réunie hier à Paris pour réfléchir à l'après-élection. Refusant de polémiquer sur la régularité du scrutin malgré les soupçons de fraudes, les 27 représentants spéciaux pour l'Afghanistan ont mis l'accent sur la nécessité de sécuriser l'Afghanistan. Car l'insurrection talibane gagne du terrain malgré la présence sur place de 100 000 soldats de la coalition internationale (dont 3 700 Français). Le mois d'août a été le plus meurtrier pour l'armée américaine depuis 2001 et, hier encore, un attentat suicide dans l'est du pays a fait au moins 23 morts, dont le numéro 2 des services secrets afghans.

Pour éviter de perdre la guerre, la coalition tente donc d'avoir une approche commune. Dans un rapport paru lundi, le général Stanley McChrystal, commandant des troupes américaines, plaide pour un rapprochement avec la population et avec les talibans « modérés ». Une stratégie soutenue par la France et la Grande-Bretagne. Mais « les Russes, Indiens et Chinois ont de grandes réserves sur les négociations avec les talibans, explique un haut diplomate. Il est donc difficile de savoir jusqu'où la communauté internationale sera prête à aller. » Outre une approche régionale incluant les pays voisins, McChrystal semble également plaider pour l'envoi de nouveaux renforts militaires, en plus des 21 000 soldats américains déployés au printemps dernier. Reste à convaincre les opinions publiques face à une guerre de plus en plus impopulaire : 57 % des Américains et 64 % des Français y sont défavorables. W