Les gabonais anxieux avant les résultats

— 

La tension est palpable dans la rue.
La tension est palpable dans la rue. — I. SANOGO / AFP

Les Gabonais attendaient avec anxiété hier les résultats de l'élection présidentielle pour trouver un successeur à Omar Bongo, resté quarante et un ans au pouvoir. Trois candidats continuaient de revendiquer la victoire : André Mba Obame, ex-ministre de l'Intérieur aujourd'hui candidat indépendant, Pierre Mamboundou, opposant historique, et Ali Bongo, ex-ministre de la Défense et fils d'Omar Bongo.

L'assemblée plénière de la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cénap) devait initialement se réunir hier à partir de 10 h en vue d'une publication des chiffres du scrutin « entre 18 h et minuit ». Mais la réunion a été décalée de plusieurs heures sans explication, ce qui pouvait retarder l'annonce des résultats.

Contrairement à la veille, où Libreville était comme morte, la circulation avait repris hier dans la capitale. « Mais les gens ont une peur bleue, raconte à 20 Minutes Antoine Lawson, journaliste gabonais, correspondant pour l'agence Bloomberg et directeur de l'agence de presse privée Infos plus Gabon. Les supermarchés sont pris d'assaut. Les gens font des provisions au cas où il y aurait un black-out après l'annonce des résultats. » Les habitants affluaient également dans les banques pour retirer de l'argent.

A Libreville, le dispositif policier et militaire a été renforcé. « C'est une provocation, estime l'ancien ministre de l'Intérieur André Mba Obame. Qu'est-ce qui peut justifier que les forces de défense de sécurité puisque tout le monde, y compris la France, reconnaît que l'élection s'est déroulée dans de bonnes conditions ? Rien [...]. » « Le gouvernement veut être prêt en cas de mouvement de masse », explique Antoine Lawson, persuadé que « la situation risque de dégénérer », malgré la multiplication des appels au calme. W

Faustine Vincent