Le Gabon sous haute-tension dans l'attente des résultats électoraux

PRESIDENTIELLES Alors que les résultats définitifs sont attendus dans la soirée, trois des 17 candidats en lice revendiquent la victoire, faisant craindre des débordements en cas de contestation...

Elodie Lestrade

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Affiche géante d'Ali Bongo, candidat aux élections présidentielles du Gabon qui ont lieu le 30 août 2009.
Affiche géante d'Ali Bongo, candidat aux élections présidentielles du Gabon qui ont lieu le 30 août 2009. — D. MAGNOWSKI
L’atmosphère est tendue ce mercredi à Libreville. «Une tension est palpable», titrait ce mercredi le quotidien national L’Union en soulignant aussi le suspense qui règle à Libreville depuis le jour du scrutin, dimanche.

«Les gens sont très inquiets»

Dès le lendemain, des forces de l'ordre ont été mises en place aux carrefours stratégiques de la capitale gabonaise. Les observateurs multiplient par ailleurs les appels au calme. D’autant plus qu’en l’absence de résultats officiels, trois candidats se disputent la victoire. L’opposant Pierre Mamboundou et l’ex-ministre de l’Intérieur André Mba Obame,  se sont autoproclamés vainqueurs dès dimanche. De même, Ali Bongo, le fils du président Omar Bongo, décédé en juin dernier, s’est dit «largement gagnant».

Il revient à l'assemblée plénière de la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cénap) de les départager. Elle devait se réunir mercredi à partir de 15h (16h en France) avant de publier les chiffres officiels du scrutin, plus tard dans la soirée. Mais quel que soit le résultat qui sera annoncé, la population et les autorités gabonaises craignent des troubles. «Les supermarchés et les banques sont pris d'assaut, au cas où il y ait un block-out après l'annonce des résultats» témoigne le journaliste gabonais Antoine Lawson, joint par 20minutes.fr. «Les gens sont très inquiet (…) ça risque de dégénérer», ajoute-t-il.

Trois scénarios possibles

Depuis cette nuit, les appels à l’insurrection se multiplient. Des menaces ont en outre été lancées contre la France, qui est accusée par l’opposition d’aider le camp Bongo. Les partisans de Mamboundou et de Mba Obame, accusent Ali Bongo de falsifier ou d’inverser les résultats avec l’aide de la France. Le bureau de l’AFP pourrait être l’une des cibles, les plus virulents lui reprochant de faire le jeu du camp Bongo.

Interrogé par 20minutes.fr, Antoine Glaser, directeur de La Lettre du Continent, évoque de «trois scenarios possibles». «Premier scenario possible: Ali Bongo se déclare vainqueur, mais ses challengers ne le reconnaissent pas. Il déciderait sans doute de verrouiller le pays rapidement, ce qui ne règlerait rien aux problèmes. Deuxième scénario: L’Union Africaine, qui a elle-même reconnu des «irrégularités» dans cette élection, pourrait décider de recommencer les élections. Et enfin, le scénario le moins plausible: l’un des deux candidats de l’opposition s’entend avec Ali Bongo pour partager le pouvoir, mais cela est peu probable.»

Le pays en alerte


Des mouvements de troupe ont été signalés dans Libreville et Port-Gentil, la capitale économique du pays. Le pouvoir gabonais, conscient de la volatilité de la situation, a décidé de déployer des troupes afin d’éviter des heurts majeurs. Les frontières maritimes et terrestres du pays sont par ailleurs fermées jusqu'à jeudi minuit.