Fin de la lune de miel entre Obama et les Américains

ETATS-UNIS La côte de popularité du Président américain est en chute libre depuis le début de l'été, et les réactions face à sa réforme du système de santé ne laissent pas présager d'embellie...

Elodie Lestrade

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  — K. LAMARQUE / REUTERS

Après avoir fêté les 100 premiers jours de sa présidence avec 63% d’opinions favorables, Barack Obama connaît des temps difficiles depuis le début de l’été. Selon un sondage Gallup publié dimanche, le président américain ne recueille plus que 52% d’opinions favorables. Soit deux points de moins que la semaine précédente.  

«Obama a une approche particulière, il a voulu faire passer toutes les réformes d’un seul coup, ce qui donne lieu à certaines résistances», explique à 20minutes.fr Olivier Richomme, maître de conférences en civilisation américaine à l’université de Lyon II-Lumière.

L’assurance maladie, une réforme qui ne passe pas

La réforme qui ne passe pas, c’est avant tout celle de l’assurance maladie, qui divise les Etats-Unis depuis plusieurs semaines. A tel point que Barack Obama a multiplié les interventions ces derniers temps afin d’expliquer les mesures proposées par cette réforme.

«Avec ce débat, les républicains ont enfin trouvé un terrain de bataille», décrypte Thomas Snégaroff, auteur de «Faut-il souhaiter le déclin de l’Amérique» (à paraître le 9 septembre aux Editions Larousse), interrogé par 20minutes.fr. Car «déjà en mars dernier, les chiffres montraient que 48% des Américains souhaitent moins d’Etat. Or cette réforme de l’assurance maladie se présente justement comme un retour du “Big Government“, ce que la population ne souhaite pas».

Les médias américains inquiets


Selon les derniers chiffres, 54% des Américains jugent cette réforme de la santé trop audacieuse, contre 41 % qui estiment qu'elle ne va – au contraire – pas assez loin. Pour une majorité de sondés, Barack Obama, qui avait fait de cette réforme sa priorité, aurait peut-être dû aller moins vite en besogne. Car en plus de l’assurance maladie, le Président doit s’occuper de la réforme de l’énergie, de la crise économique, mais aussi des guerres en Afghanistan et en Irak.

Pour l’instant, reprend Thomas Snérigoff, «Obama reste plutôt plébiscité sur sa politique internationale». Pourtant, les médias américains s’inquiètent des conséquences que les deux guerres menées par les Etats-Unis – et particulièrement celle en Afghanistan – pourraient avoir pour le président américain.

Comparé à Lyndon Johnson

Dans un article publié samedi par le New York Times, le journaliste Peter Baker s’interroge: «Est-ce que l’Afghanistan pourrait devenir le Vietnam d’Obama?». Pour preuve, il rapporte un entretien entre le Président et un groupe d’historiens en juin dernier. Au cours de celui-ci, Obama se serait lui-même comparé à Lyndon Johnson, dont la présidence avait été ternie par l’impopularité de la Guerre du Vietnam. Pour Thomas Snégiroff, «c’est une bonne comparaison (…), mais elle est limitée par le fait que Lyndon Johnson voulait la guerre au Vietnam, alors que Barack Obama a hérité de la guerre en Afghanistan».

Quant à Phil Singer, un conseiller démocrate cité par le Washington Times (journal républicain, ndlr), il estime que «ce serait une erreur de parier contre le Président». «C’est un homme du mois d’octobre», explique-t-il rappelant que Barack Obama a toujours eu de mauvais chiffres au mois d’août, avant de rebondir à l’automne.