Incendies en Grèce: «C'est comme si aucune leçon n'avait été tirée depuis l'été 2007»

GRECE Presse et habitants sont furieux de la gestion des feux par le gouvernement...

O.R. (Avec agence)

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A la suite d'un appel lancé par la Grèce, deux avions italiens, un avion français et un hélicoptère chypriote participent aux opérations. Trois autres appareils français doivent arriver en renfort au cours de la journée.
A la suite d'un appel lancé par la Grèce, deux avions italiens, un avion français et un hélicoptère chypriote participent aux opérations. Trois autres appareils français doivent arriver en renfort au cours de la journée. — REUTERS/Yiorgos Karahalis
Un désastre écologique. C'est le bilan que tirent les experts environnementaux des incendies qui ont dévasté près de 20.000 hectares dans la banlieue d'Athènes ces derniers jours. Au lendemain de la maîtrise des feux par les pompiers, les médias et les habitants accusent le gouvernement d'«erreurs» dans la gestion du désastre.

Une mauvaise prise en compte des risques

«Il n'existe pas d'alibi pour l'incroyable désastre de la région d'Athènes», estimait le journal To Vima, accusant le gouvernement d'avoir maintenu les pompiers en sous-effectif de 3.000 personnes. Le journal publie en première page une liste de dix incendies importants depuis 1981, qui auraient dû servir de leçon aux responsables grecs.

>> Retrouvez la carte des incendies, ici

«La construction dans des zones hors plans d'aménagement des sols est autorisée. Sauf que si les infrastructures ne suivent pas, il peut y avoir des zones entières sans bornes d'incendie», affirme Christina Théohari, docteur en environnement et conseillère de la Chambre technique de Grèce.

«C'est comme si aucune leçon n'avait été tirée depuis l'été 2007», quand des incendies géants avaient ravagé le sud du pays, tuant 77 personnes et réduisant en cendres plus de 250.000 hectares, déplore-t-elle.

Une mauvaise coordination

Les maires de la dizaine de communes touchées par le feu n'ont cessé de réclamer pendant l'incendie l'aide de moyens aériens et de nombreux résidents se sont plaints d'être abandonnés seuls face au feu par les pompiers, dénonçant des secours tardifs et mal coordonnés.

Mais un pompier a rétorqué qu'ils ne pouvaient «pas faire de miracle». «Nous ne sommes pas rentrés chez nous depuis vendredi, nos familles sont inquiètes», a-t-il ajouté sur une radio, demandant «aux gens de ne pas nous insulter».

Des conséquences à long terme


Les conséquences environnementales devraient affecter pendant des années la qualité de la vie des quelques 4,5 millions d'habitants de la capitale, estiment les experts environnementaux.

«Ce n'est vraiment pas la première fois que l'Attique brûle, mais un incendie d'une telle étendue, c'est du jamais vu dans la région», souligne Dimitris Karavellas, directeur de la section grecque de WWF (Fonds mondial pour la nature).

Une parcelle des zones brûlées sur le Mont Pentélique en 1998 avait à l'époque été officiellement reclassée en zone constructible. Mais face à une opinion publique qui découvre la conscience écologique, les autorités «ont plus de mal à tricher, même si elles continuent de fermer les yeux sur des cas isolés de construction illégale», relève Dimitris Karavellas.

La capitale, qui souffre déjà d'une pollution atmosphérique élevée et manque cruellement d'espaces verts «perd là un filtre précieux pour purifier son air, il va y avoir aussi des retombées sur le climat, avec une hausse des températures, toute la qualité de la vie des Athéniens va être affectée», lâche-t-il.