La libération de Megrahi perçue comme un «second Lockerbie» aux Etats-Unis

ETATS-UNIS La presse américaine critique fortement la décision des autorités écossaises...

P.N. (avec agence)

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Arrivée de Megrahi, auteur de l'attentat de Lockerbie de 1988, à Tripoli le 20 août 2009
Arrivée de Megrahi, auteur de l'attentat de Lockerbie de 1988, à Tripoli le 20 août 2009 — /EPA/SIPA
La Maison Blanche a indiqué ce jeudi qu'elle voyait d'un mauvais oeil l'accueil réservé à Abdelbaset Ali Mohamed Al-Megrahi à son arrivée à Tripoli parlant de «mauvais signal».

La libération de Megrahi pour «raisons médicales» a fait couler beaucoup d’encre aux Etats-Unis. Condamné en 2001 à la prison à vie dont 27 ans de sûreté pour son rôle dans l’attentat de Lockerbie, Megrahi a pu rejoindre son pays ce jeudi sur décision du ministre écossais de la Justice. Le Wall Street Journal parle de «second Lockerbie» pour les familles des victimes de l’attentat contre un Boeing 747 de la compagnie américaine Pan Am qui avait fait 270 morts en 1988.

Washington s’était pourtant fortement opposé à la libération du Libyen. Barack Obama s’était d’ailleurs exprimé à ce sujet souhaitant qu’il ne soit pas accueilli comme un héros dans son pays. Or, ce sont des centaines de personnes qui attendaient Megrahi à l’aéroport de Tripoli brandissant des drapeaux libyens et écossais.

Atteint d’un cancer de la prostate, il ne lui resterait pas plus de trois mois à vivre d’après le corps médical. Le Wall Street Journal n’a pas manqué de souligner que Megrahi n’a purgé «qu’un tiers des 27 années» de sa peine de sûreté. Le Boston Globe, quotidien du Massachusetts d’où provenait une vingtaine des victimes de l’attentat de Lockerbie, a estimé pour sa part que le geste de clémence de la justice écossaise était un «acte de sympathie déplacé».