Fuite dans une centrale hydroélectrique: un groupe islamiste revendique le drame

RUSSIE Moscou dément tout sabotage par un groupe terroriste. Ce dernier menace de s'attaquer aux oléoducs et aux gazoducs du pays...

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La centrale hydroélectrique Saïano Chouchenskaïa en Sibérie après une violente explosion le 17 août 2009.
La centrale hydroélectrique Saïano Chouchenskaïa en Sibérie après une violente explosion le 17 août 2009. — AFP PHOTO/HO/ RUSSIAN EMERGENCY SERVICES

 Alors que Vladimir Poutine se rend sur place ce vendredi, un groupe islamiste revendique l'accident. Originaire du Caucase, le groupe a affirmé avoir saboté lundi une centrale hydroélectrique en Sibérie. Les islamistes ont également revendiqué un attentat commis le même jour contre le quartier général de la police d'une ville en Ingouchie, faisant des dizaines de morts.
 
Une grenade dans la salle des machines
 
«Le 17 août a été effectué un sabotage en Khakassie sur la centrale de Saïano Chouchenskaïa», écrit le groupe «Riyadous Salikhiine» dans un message publié sur un site Internet. «Dans la salle des machines, nous avons réussi à mettre une grenade antichar à déclenchement programmé, dont l'explosion a provoqué d'énormes dégâts, bien supérieurs à ce que nous pouvions espérer», ajoute-t-il. Ce site Internet était considéré comme un site indépendantiste tchétchène lors de la seconde guerre dans cette petite république du Caucase.
 
Mais le Parquet fédéral russe a aussitôt écarté cette thèse, soulignant qu'il n'y avait «aucune preuve de sabotage de la centrale», où une catastrophe sans précédent a fait plusieurs dizaines de morts. «Dans le cadre de l'enquête, différentes versions de l'origine de l'accident sont vérifiées. Toutefois, la version de l'attentat n'a pas été confirmée», a déclaré le porte-parole du Parquet, Vladimir Markine, selon les agences russes. Elles précisent que les artificiers du FSB (services secrets russes, ndlr) n'avaient pas découvert de traces d'explosifs sur les lieux de l'accident.
 
La guerre contre la Russie, activée
 
Dans le même message électronique, le groupe islamiste a revendiqué l'attentat suicide le 17 août contre le quartier général de la police de Nazran, en Ingouchie, république instable du Caucase russe, qui a coûté la vie à 25 personnes, selon le dernier bilan des autorités. Les «Riyadous Salikhiine» se qualifient comme une «brigade de martyrs». Ils étaient auparavant dirigés par Chamil Bassaïev, le chef de guerre radical tchétchène qui avait organisé notamment la prise d'otages de l'école de Beslan en septembre 2004 et a été tué en 2006.
 
En juin, ce même groupe avait revendiqué l'attentat qui avait grièvement blessé le président ingouche. «Riyadous Salikhiine» explique par ailleurs qu'en début d'année, «la décision a été prise d'activer la guerre économique contre la Russie sur son territoire». Il aurait envoyé des «groupes de sabotage» dans «une série de régions russes», avec des «buts prioritaires», tels que les oléoducs et les gazoducs, les centrales électriques et les usines.