Perquisition chez Porsche pour délit d'initié

ALLEMAGNE Le rapprochement avec le groupe Volkswagen semble compromis...

M.D avec agence

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La création en cours, sous l'égide de Porsche, d'un nouveau géant mondial de l'automobile aux racines allemandes consacre une stratégie hors des sentiers battus menée depuis de longues années par le très influent Ferdinand Piëch.
La création en cours, sous l'égide de Porsche, d'un nouveau géant mondial de l'automobile aux racines allemandes consacre une stratégie hors des sentiers battus menée depuis de longues années par le très influent Ferdinand Piëch. — Stephan Schraps AFP/DDP/Archives

C'est une tentative ratée. Le constructeur allemand a tenté de s'emparer de son compatriote Volkswagen par des manipulations boursières qui viennent d'être mises à jour. C'est le groupe Porsche lui-même qui a annoncé que des inspecteurs du parquet de Stuttgart (sud-ouest) s'étaient rendus dans la matinée dans les locaux de son siège situé dans la même ville.

Des opérations frauduleuses

L'ancien patron du groupe, Wendelin Wiedeking, et l'ex-directeur financier Holger Härter, tous deux fraîchement débarqués de leurs postes, sont visés par la justice, a précisé un porte-parole de Porsche. Ils sont tous deux soupçonnés de manipulation de cours et de délit d'initiés. Des enquêteurs ont «perquisitionné des bureaux de l'entreprise et ont saisi différents documents de travail», précise dans un communiqué le constructeur automobile connu pour ses voitures de sport.

Porsche ajoute que, selon le parquet, il existe des soupçons de «violation des règles de communication boursière ainsi que de manipulation boursière». Le groupe rejette ces accusations et se dit prêt à coopérer avec la justice. Le parquet de Stuttgart avait ouvert son enquête après avoir été alerté par le gendarme de la Bourse de Francfort, le Bafin, de possibles opérations frauduleuses.

Un rapprochement compromis

Cette perquisition marque un nouveau rebondissement dans le rapprochement entre Porsche et Volkswagen, entamé il y a plusieurs années et qui vient de connaître son dénouement. Au départ, c'est le groupe de Stuttgart, qui était censé avaler VW, pourtant quatre fois plus gros que lui, mais ses projets ont tourné court à cause de la crise financière. Finalement, c'est Porsche qui va passer sous la coupe du premier constructeur européen qui va financer l'opération avec l'aide du Qatar.

Mais en octobre dernier, le scénario en cours était encore celui d'un rachat de VW par Porsche et le groupe de Stuttgart s'était alors assuré le contrôle de près des trois quarts du capital de son compatriote. Cette annonce avait surpris des fonds d'investissement, qui avaient spéculé sur l'évolution du cours du titre VW et avaient provoqué par ricochet une envolée du titre à plus de 1.000 euros, faisant de Volkswagen la deuxième entreprise au monde en termes de capitalisation boursière.

Le gendarme de la Bourse de Francfort s'était alors penché sur l'évolution du titre pour s'assurer que des transactions délictueuses n'aient pas été réalisées. Cette enquête «est toujours en cours», a expliqué jeudi soir une porte-parole du gendarme de la Bourse de Francfort. Au cours des dernières séances boursières, le titre Volkswagen s'est à l'inverse effondré, perdant près d'un quart de sa valeur, toujours à cause de spéculations liées à son rapprochement avec Porsche.