Réforme de santé: la guerre des pubs bat son plein

ETATS-UNIS Partisans et opposants s'affrontent sur les petits écrans américains, et c'est à qui réussira le mieux à faire passer son message...

Elodie Lestrade

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  — S. HIRD / REUTERS
La pratique est habituelle, mais elle a pris une tournure exceptionnelle cette année. Les groupes d’intérêt mènent actuellement une véritable guerre publicitaire destinée à faire pencher la balance dans le débat sur la réforme du système de santé. Selon le New York Times, ces groupes auraient dépensé 57 millions de dollars au cours des six derniers mois pour financer ces campagnes de pub.

«C’est la somme la plus importante qu’on ait vu en si peu de temps» confie Evan Tracey, responsable du groupe «Campaign media analysis», au quotidien new-yorkais. «Si ça continue toute l’année, on pourrait assister à l’une des plus importantes guerre publicitaires au sujet d’une politique publique», ajoute-t-il.

L’objectif: convaincre les indécis

Car la guerre est menée depuis les deux fronts. Démocrates et Républicains ont bien compris que la bataille était loin d’être gagné. Les messages sont émis dans une vingtaine d’Etats et principalement dans ceux dans lesquels tout va se jouer: l’Arkansas, le Colorado, la Louisiane, le Maine, le Nebraska et la Caroline-du-Nord. Le but est de convaincre les indécis: les démocrates aux tendances conservatrices et les républicains modérés.

Pour cela, tous les moyens sont bons. Selon les chiffres du New York Times, les partisans de la réforme du système de santé ont dépensé près de 24 millions de dollars pour faire passer leur message. Un message qui est d’ailleurs assez simple et qui consiste à rassurer les détenteurs d’une assurance, en leur promettant que la réforme serait une aubaine pour eux puisque les compagnies d’assurance n’auraient plus le droit de les congédier en cas de maladie. Dans la vidéo suivante, on voit que le message des démocrates est clair: «Nous ne faisons pas que de la politique, nous essayons de remettre sur pied un système qui détruit l’économie américaine.»



L’argument fédéral côté républicain


De leur côté, les républicains tentent de rallier les indépendants à leur cause en arguant que cette réforme aura pour effet d’augmenter les impôts et le déficit public. Mais aussi, ils insistent sur le fait qu’avec cette réforme, le gouvernement central aura plus de contrôle. Dans un pays qui tient particulièrement à son fédéralisme, ils espèrent trouver de nombreux alliés avec cet argument. La vidéo ci-dessous illustre bien cette idée. Un ballon rouge gonfle à mesure que le narrateur évoque l’augmentation du déficit, des impôts et du rôle du gouvernement. A la fin, le ballon rouge explose.



Les groupes d’intérêt également dans la bataille

Derrière les deux grands groupes politiques, se trouvent aussi les groupes d’intérêt qui prennent position dans le débat en reprenant les mêmes arguments. L’industrie pharmaceutique, qui soutient le plan de Barack Obama, fait par exemple passer le message avec «Harry et Louise», un couple de quinquagénaires qui s’extasie des bienfaits de cette réforme.



Autre groupe d’intérêt, qui entend lui parler au nom des patients, «Patients United Now». Il milite au côté des républicains et demande aux téléspectateurs d’appeler leurs députés et de leur demander s’ils ont bien lu attentivement la proposition de loi.



L’administration Obama continue d’espérer un vote à l’automne, au moment de la rentrée parlementaire. Mais devant les sondages fluctuants, Barack Obama a multiplié les déplacements cet été afin de faire pencher la balance en sa faveur.