Tariq Ramadan non grata aux Pays-Bas

ROTTERDAM L'implication de l'islamologue dans une chaîne iranienne n'est pas vu d'un bon oeil par les néerlandais...

Paul Najafi (avec agence)

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L'islamologue suisse Tariq Ramadan à Rome (Italie) le 6 novembre 2008.
 
L'islamologue suisse Tariq Ramadan à Rome (Italie) le 6 novembre 2008.   — REUTERS/Alessandro Bianchi
La commune de Rotterdam ainsi que son université Erasmus, aux Pays-Bas, ont annoncé mardi avoir mis fin à leur collaboration avec Tariq Ramadan. La raison de cette rupture? Le nouveau poste qu’occupe l’islamologue controversé au sein d’une chaîne iranienne. Tariq Ramadan présente une émission à la télévision Press TV, une chaîne financée par le gouvernement iranien dont les récentes répressions envers les manifestants sont décriées par les autorités néerlandaises.

Le communiqué publié par la mairie et l'université indique que ce poste est «inconciliable» avec les fonctions que Tariq Ramadan occupe à Rotterdam. Soulignant la «répression» et «une violence excessive envers des manifestants» en Iran, cette relation indirecte avec le régime de Téhéran est jugée inacceptable et «entache la crédibilité» des travaux du chercheur. L’intéressé a déclaré, à une radio néerlandaise, vouloir porter plainte pour «l’honneur et la dignité» précisant que sa collaboration avec Press TV était «connue depuis un an».



L’islamologue suisse enseignait à Erasmus et occupait un poste de conseiller spécial à l'intégration à la mairie de Rotterdam. Son contrat courait jusqu’en 2011 pour un salaire de 55.000 euros sur deux ans. Des propos homophobes selon lesquels l’homosexualité serait un «dysfonctionnement» lui avaient été attribués en avril dernier, mais il avait tout de même été réaffirmé dans ses fonctions. Tariq Ramadan vit actuellement en Grande-Bretagne, où il enseigne à l’Université d’Oxford.