Aung San Suu Kyi va faire appel de sa condamnation

DIPLOMATIE Le verdict alimente les critiques à travers le monde...

Avec agence

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La démocrate Aung San Suu Kyi est assignée à résidence depuis 1989.
La démocrate Aung San Suu Kyi est assignée à résidence depuis 1989. — AFP

L'opposante birmane Aung San Suu Kyi et l'Américain John Yettaw qui s'était invité chez elle en mai dernier, enfreignant ainsi la loi selon le régime militaire, vont faire appel de leur condamnation, ont annoncé mercredi leurs avocats.

Le verdict continue d'alimenter un déluge de critiques à travers le monde. Une libération «immédiate et sans conditions». C'est ce qu'a réclamé le président américain mardi, au bout d'une journée marquée par les vives réactions de la communauté internationale après la condamnation d'Aung Suu Kyi à 18 mois supplémentaires d'assignation à résidence par la junte birmane.

 

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Barack Obama a repris les mêmes termes que le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-Moon. Les membres du Conseil de sécurité de l'ONU se sont séparés mardi sans trouver d'accord sur des sanctions. Les discussions reprendront mercredi.

 

Aung San Suu Kyi «n'aurait pas dû être jugée et n'aurait pas dû être condamnée», a estimé la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton. Le Canada considère que la junte birmane était mue par un «désir de vengeance» et l'objectif d'empêcher Aung Suu Kyi de participer aux prochaines élections.

Se mettre d'accord sur des sanctions

 

L'Union européenne a été la première à ouvrir le feu. «L'UE répondra par de nouvelles mesures ciblées à l'encontre des responsables de ce verdict» et «renforcera encore les mesures restrictives» déjà adoptées, a averti la présidence suédoise de l'Union. Nicolas Sarkozy a lui aussi réclamé de nouvelles sanctions. Une démarche soutenue par les autorités italiennes et néerlandaises, qui ont insisté sur le caractère «ciblé» des nouvelles sanctions, pour «épargner le plus possible la population». Un point sur lequel les Européens ne sont jamais parvenus jusqu'ici à s'entendre.

 

Si l'UE mettait ses menaces à exécution, le groupe pétrolier français Total, présent dans le pays, serait en première ligne, avait souligné en mai le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, indiquant que cette question était examinée par Paris. Une des actions réclamée par les partisans de de l'opposante est «le compte séquestre», dispositif prévu par l'ONU, pour les revenus versés par Total à la Birmanie pour l'exploitation des gisements gaziers. Mais le président Sarkozy n'a pas évoqué Total ni l'idée du compte séquestre, rejetée par la direction du groupe pétrolier. Il a simplement mentionné les revenus tirés de l'exploitation du bois et des rubis.

Le rôle de l'Asie

Les Européens veulent agir avec tous leurs partenaires et comptent sur les pressions des pays d'Asie pour obtenir la libération de l'opposante. Les premières réactions vont dans ce sens. La Malaisie a appelé mardi à une réunion d'urgence de l'Association des Nations d'Asie du Sud-Est (Asean).

Si aucune mesure de clémence n'est annoncée d'ici 2010, elle ne pourra pas participer aux élections nationales fixées pour l'année prochaine par la junte, ce qui est «inacceptable», a jugé le chef de la diplomatie belge Yves Leterme, en visite au Vietnam.

Pendant ce temps, l'actrice Jane Birkin a manifesté avec une cinquantaine de personnes aux abords de l'ambassade de Birmanie à Paris.