La dirigeante d'une ONG russe et son mari tués par balles

TCHETCHENIE Leurs corps ont été retrouvés dans le coffre de leur voiture...

Avec agence

— 

La dirigeante d'une ONG russe de défense des droits de l'Homme et son mari ont été retrouvés morts mardi à Grozny, la capitale de la Tchétchénie.  «On a trouvé les défenseurs des droits de l'Homme dans le coffre de leur voiture (...) dans le village de Tchernoretchié, avec des blessures par balles», a indiqué un représentant du ministère tchétchène de l'Intérieur.

Zarema Sadoulaeva, qui dirigeait l'ONG russe «Sauvons la génération», et son époux, Alik Djibralov, avaient été enlevés lundi à la mi-journée dans le bureau de l'organisation par des hommes armés qui les avaient emmenés vers une destination inconnue. Cette ONG se consacre notamment à aider les jeunes vivant en Tchétchénie à s'insérer dans la société pour éviter qu'ils ne se tournent vers des groupes armés dans cette république en proie à une rébellion.

Assassinat similaire il y a un mois

Cette affaire a suscité des réactions d'indignation moins d'un mois après un assassinat similaire. En juillet, Natalia Estemirova - elle aussi militante des droits de l'homme - avait été enlevée et assassinée.

Le président tchétchène, Ramzan Kadyrov, s'est dit «choqué» par le double homicide, qualifiant cet acte de «cynique» et d'«inhumain». Selon lui,  «une vendetta» pourrait avoir visé le mari, un ancien rebelle qui avait passé quatre ans en prison «pour avoir été un membre d'une bande armée illégale», a-t-il déclaré, selon l'agence Interfax.

De son côté, la France a condamné ce double meurtre. Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a dénoncé la persécution «systématique» des défenseurs des droits de l'Homme en Tchétchénie, appelant les autorités russes à «tout mettre en oeuvre pour que les auteurs de ces assassinats soient identifiés, arrêtés et jugés».

Une enquête ouverte


Reporters sans frontières a appelé dans un communiqué la communauté internationale à «soutenir les représentants de la société civile abandonnés par les autorités» dans le Caucase russe.

Le comité d'enquête du Parquet en Tchétchénie a ouvert une enquête pour homicides volontaires. Mais des défenseurs des droits de l'Homme estiment que les auteurs du double meurtre ne seront pas retrouvés. «Je suis sûre qu'ils ne seront pas retrouvés et que tout sera étouffé», a déclaré l'ancienne dissidente soviétique Lioudmila Alexeeva, citée par l'agence RIA Novosti.

C assassinat intervient alors qu'un journaliste daguestanais, Malik Akhmedilov, a été retrouvé tué par balles au Daguestan, république du Caucase russe voisine de la Tchétchénie et en proie à une rébellion.