Le décolleté de Merkel, un argument de vote?

ALLEMAGNE Une candidate berlinoise du parti de la chancelière joue la provocation...

Oriane Raffin

— 

L'affiche de campagne de Vera Lengsfeld, aux côtés d'Angela Merkel.
L'affiche de campagne de Vera Lengsfeld, aux côtés d'Angela Merkel. — REUTERS/Fabrizio Bensch
Depuis ce dimanche, une affiche électorale sème le trouble et les sourires dans les rues berlinoises... Vera Lengsfeld, candidate de la CDU, le parti de la chancelière, aux élections législatives de septembre, a décidé de s'afficher avec un décolleté profond, aux côtés d'Angela Merkel.

Sous les deux femmes, un slogan «Nous avons plus à offrir». Derrière la provocation et l'amusement, Vera Lengsfeld cherche surtout à faire parler d'elle. Dans ce quartier traditionnellement très bobo de Berlin (Kreuzberg-Friedrichshain), entre les mains des Verts, la candidate CDU (droite) ne recule devant rien pour attirer l'attention. Il faut dire qu'elle se présente dans une terre de mission: aux dernières élections, son parti n'avait rassemblé que 12,4% des votants.

Une stratégie payante

Et la stratégie semble payante, au moins en terme de clics... «17.000!!! visiteurs en un seul jour sur notre blog de campagne, notre affiche est un succès énorme», s'enthousiame-t-on sur le site de la candidate.

Des critiques à gauche et à droite

Pourtant, à gauche comme à droite, les critiques fusent. Selon le site de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, la direction du parti grincerait des dents. Un porte-parole de la CDU aurait confié «cela n'a pas été calé avec nous».

Angela Merkel n'aurait donc pas été consultée avant l'apparition de ses seins dans les rues de Berlin... Mais elle semblerait plutôt s'en amuser. Il faut dire que son décolleté profond, à l'opéra d'Oslo en avril 2008, avait déjà beaucoup fait jaser...

Les détracteurs de Vera Lengsfeld s'insurgent sur deux points: le sexisme de l'affiche et surtout son manque de lien avec le sujet, les élections législatives. Sur le blog de la candidate, ce sont surtout les hommes qui réagissent... et la réponse du comité de campagne fuse: «C'est étonnant combien les hommes de gauche sont encore prudes. Et les mecs, détendez-vous!»